« Je fais l’objet d’un véritable harcèlement judiciaire et politique en raison et exclusivement en raison de mes opinions politiques », a considéré vendredi 3 avril l’eurodéputée LFI Rima Hassan, au lendemain d’une garde à vue pour apologie du terrorisme. « La temporalité de cette dynamique de harcèlement a commencé dès mon entrée en politique » et « n’a pas cessé depuis », a poursuivi l’élue lors d’une conférence de presse dans les bureaux parisiens de son avocat Vincent Brengarth.
L’eurodéputée a affirmé qu’il y avait aussi « une volonté manifeste de diaboliser La France insoumise », dont les chances « d’arriver au second tour de l’élection présidentielle ne font plus aucun doute », selon elle. Elle également a assuré qu’elle ne cèderait pas « à cet acharnement politique, judiciaire et aussi médiatique » et qu’elle ferait du procès du 7 juillet, date à laquelle elle sera jugée pour « apologie du terrorisme » en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X, « un procès historique ».
Plus tôt dans la journée, l’eurodéputée « insoumise » Rima Hassan a été entendue au siège de la police judiciaire (PJ) parisienne. Les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) l’ont auditionnée dans un cadre différent de la procédure laquelle elle a été placée en garde à vue jeudi. L’élue était ressortie libre, en fin de soirée, avec une convocation le 7 juillet afin d’être jugée pour « apologie du terrorisme » en raison d’un de ses messages sur X.
La garde à vue de Rima Hassan était « parfaitement illégale », a dénoncé de son côté son avocat Vincent Brengarth. S’exprimant lors de la conférence de presse aux côtés de l’eurodéputée, Me Brengarth a estimé qu’il y avait eu « un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet » pour permettre une garde à vue sans avoir à demander la levée de l’immunité parlementaire de Mme Hassan.
C’est un « contournement qui est d’une gravité extraordinaire », a-t-il ajouté. Me Brengarth a souligné que l’enquête en « flagrance » ne se justifiait pas dans la mesure où le post avait été supprimé par Mme Hassan « dans une logique d’apaisement » avant son audition jeudi.
Rima Hassan affirme qu’elle ne détenait que du CBD
Par ailleurs, lors de la fouille de ses effets pendant sa garde à vue, il a été découvert « la présence de matières s’apparentant d’une part à du CBD et d’autre part à de la 3MMC [une drogue de synthèse], sur lesquelles elle a été interrogée », avait fait savoir le parquet à l’issue de sa garde à vue, en ajoutant que « ces éléments [étaient] disjoints et fer[aie]nt l’objet d’une procédure distincte ».
Dans un message sur X, publiée à l’issue de son passage devant les enquêteurs, Rima Hassan écrit qu’elle été auditionnée deux fois vendredi, suite à une « plainte (…) déposée par l’organisation juive européenne OJE et l’organisation juive française OJF, puis une plainte déposée par le collectif d’extrême droite Némésis ».
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Elle ajoute que « toutes les informations » faisant référence à « la détention de drogues » durant sa garde à vue jeudi « sont fausses » et relayées pour lui « nuire », assurant qu’elle n’avait sur elle que du CBD, une substance légale tirée du cannabis.
« Sur les 2 CBD que j’avais, l’un a été testé conforme à ce qui se vend légalement, et le deuxième selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait été ajoutée à la résine de CBD », précise-t-elle, ajoutant avoir fait savoir où elle avait acheté « légalement ce CBD ». « Des vérifications sont simplement en cours sur l’origine de ce CBD pour corroborer mes déclarations », a-t-elle ajouté.
Elle explique avoir effectué un test urinaire qui a confirmé « la seule présence de faible trace de THC dû à la consommation du CBD, ce qui a été confirmé par le médecin ». « Toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses et ont été sciemment relayées dans le seul but de me nuire dans le cadre des procédures dont je fais l’objet et je me réserve la possibilité d’engager des poursuites en ce sens », prévient-elle encore. L’édile annonce la tenue d’une conférence de presse à 17 heures.
Invité de BFM-TV, Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post de Rima Hassan qui faisait référence à Kozo Okamoto, un des auteurs du massacre perpétré le 30 mai 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv (26 morts). C’est pour ce message que Mme Hassan a été placée en garde à vue, jeudi. « C’était normal de faire un signalement (…), le tweet de Mme Hassan est grave (…), il n’y a pas d’acharnement », a fait valoir le ministre de l’intérieur, en affirmant qu’il ne « fallait rien laisser passer ». « L’action politique doit rester dans les limites de l’Etat de droit », a-t-il ajouté.
Source:
www.lemonde.fr

