Donald Trump a averti, samedi 2 mai, qu’il comptait réduire drastiquement le nombre de soldats américains stationnés en Allemagne. La veille, son ministre de la défense, Pete Hegseth, avait déjà ordonné le retrait de 5 000 militaires d’ici un an, soit environ 15 % du contingent stationné de façon permanente dans ce pays. Ces annonces ont été faites après une passe d’armes verbale avec le chancelier Friedrich Merz. Ce dernier avait exprimé ses doutes sur la guerre israélo-américaine, déclenchée fin février contre l’Iran. Agressif, Donald Trump a aussi affirmé vouloir relever à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l’Union européenne – ce qui handicaperait nettement les constructeurs allemands, grands exportateurs.
Cette séquence a pris de court l’Otan, l’organisation chargée de la sécurité transatlantique. Pourtant, cette orientation correspond bien à l’un des messages martelés par Donald Trump, depuis son retour au pouvoir en janvier 2025. L’Europe n’est pas sa priorité. Décidé à déconstruire la stratégie américaine fondée depuis quatre-vingts ans sur un système d’alliances, il a l’Otan dans sa ligne de mire, la jugeant coûteuse, obsolète et lourde à manier. Engagé dans une révolution idéologique conservatrice aux États-Unis, il ne ressent par ailleurs aucune affinité avec les gouvernements européens, qui restent fidèles aux principes de la démocratie libérale.
Les annonces de ce week-end nous envoient un signal fort. Notre continent est pris en ciseau entre une Russie qui n’hésite plus à déclencher des guerres de conquête et un allié américain de moins en moins fiable. La sécurité de l’Europe est de notre ressort. Il faut l’assumer, se renforcer militairement et prendre à notre compte les principales responsabilités au sein de l’Otan.
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