
Doris Schmidt s’est allongée de tout son long sur le trottoir, avec ses cheveux rouges et ses 74 ans. Un soleil inattendu scintille dans les écailles de verre du Berlaymont, siège de la Commission européenne à Bruxelles. Vingt-six personnes sont là, à déployer les banderoles et à se répartir les pancartes. Ils viennent de Zwijndrecht et de Renaix (Belgique), de Manching et de Gendorf (Allemagne), de Kvistgaard (Danemark), de Pierre-Bénite (Rhône), de Vénétie, de Dordrecht (Pays-Bas) – tous des « hot spots » (« points chauds ») de contamination aux polluants éternels, les PFAS.
La plus grave crise de pollution jamais connue, comme la qualifient des scientifiques, affecte le monde entier et se déroule dans leurs corps. « Je suis un hot spot de PFAS », clame la pancarte de l’Italienne Vitalia Murgia. Dans les loutres anglaises, dans la pluie au Tibet, dans le corps de chaque être humain, ces polluants ultratoxiques sont là pour l’éternité, à moins d’être incinérés à plus de 1 100 degrés Celsius.
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Source:
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