Jour de course après jour de course, Paul Seixas confirme tout le bien que la planète cyclisme pense de lui. Le prodige français, 19 ans, même pas révolu, est en passe de remporter le Tour du Pays Basque, après s’être imposé sur les deux premières étapes.
Après quatre étapes, il dispose d’un matelas confortable qui le place en position idéale pour devenir samedi soir le premier Français à remporter une course par étapes World Tour (1re division) depuis Christophe Moreau au Dauphiné en 2007… une éternité pour la France, nation historique du cyclisme.
Alors la fin de la malédiction ? France 24 vous présente cinq raisons d’y croire alors que le maillot jaune lui va si bien.
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Parce que c’est un coureur complet
Pour le moment, le Tour du Pays basque est un récital de la part de Paul Seixas qui démontre à chaque étape une nouvelle facette de son talent.
Sur le contre-la-montre inaugural, le prodige lyonnais a écrasé les pédales. On le savait à l’aise sur l’exercice, il l’a finalement dominé. Devant son compatriote Kevin Vauquelin, il est devenu le premier Français depuis 2021 à remporter un chrono au niveau World Tour.
La démonstration s’est poursuivie sur la deuxième étape. Alors que l’épreuve espagnole met aux prises quelques-uns des meilleurs grimpeurs de la planète, aucun d’entre eux n’a pu suivre le Rhodanien quand il a attaqué à six kilomètres du sommet du col de San Miguel de Aralar. Un raid solitaire de 26 km qui a relégué sa concurrence à près de deux minutes.
Enfin, sur la quatrième étape, c’est en descente que Paul Seixas a montré qu’il était à l’aise. Attaqué par ses adversaires, il a répondu dans la descente finale avec un numéro d’équilibriste, glanant encore 20 secondes pour le classement général. Rouleur, grimpeur, descendeur… Paul Seixas sait tout faire.
Parce que la concurrence est décimée
Si les monstres sacrés Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard ne sont pas présents sur le Tour du Pays basque, un sacré défi se présentait en face de Paul Seixas avec Isaac del Toro, Juan Ayuso, Primoz Roglic et Florian Lipowitz.
Les deux premiers ont abandonné. Le prodige mexicain a été victime d’une chute dans la 3e étape et a préféré abandonner. Le second, victime de problèmes gastriques, a fait de même le lendemain. Les deux derniers, co-leaders de la formation Red Bull – Bora, sont toujours sur le podium mais déjà loin : 2 min 19 pour Primoz Roglic et 2 min 28 pour Florian Lipowitz.
Parce que l’équipe Décathlon sait ce qu’elle fait
L’équipe de Paul Seixas est devenue ces dernières années l’une des équipes les plus puissantes du peloton avec un budget dépassant les 40 millions d’euros grâce notamment à l’arrivée de l’armateur CMA CGM comme partenaire en 2026.
La structure française, qui s’est fortement internationalisée ces derniers mois avec le recrutement de nombreux coureurs et entraîneurs étrangers, s’est d’abord appelée Chazal, puis Casino, AG2R Prévoyance, AG2R-La Mondiale et AG2R Citroën.
Désormais, elle bâtit autour de son prodige et le Tour du Pays basque démontre qu’elle sait ce qu’elle fait. Sur la troisième étape, elle a géré en patronne le tempo du peloton, en laissant les échappés, inoffensifs pour le classement général de son maillot jaune, s’imposer. Sur la quatrième étape, sa garde rapprochée, Matthew Riccitello et Léo Bisiaux, a répondu présente pour le défendre face aux coups de butoir de Primoz Roglic et Florian Lipowitz.
Parce qu’il est imperméable à la pression
« Honnêtement, ça fait longtemps qu’on me pose la question. Moi personnellement, je m’en fous un peu de la pression. C’est facile à dire mais voilà, quand je sais que j’ai les jambes, pression ou pas, ce n’est pas la question sur le vélo. Il faut juste faire ce qui est à faire pour gagner et quand tu as envie de gagner, comme l’ont dit certains, c’est juste un jeu pour nous », philosophait Paul Seixas à l’arrivée de la 3e étape.
Il faut dire que sa démonstration sur la 2e étape a marqué les esprits. Pas rassasié de sa victoire la veille, il annonçait : « La meilleure défense, c’est l’attaque. J’ai coché cette étape que j’ai l’ambition de remporter. » Et il l’a fait.
Parce que c’est « l’élu »
Depuis le début de la saison, Paul Seixas enchaîne les performances convaincantes : deuxième place au Tour d’Algarve derrière Ayuso et un raid solitaire à la Pogacar victorieux dans la Faun Ardèche Classic. Sur les Strade Bianche, il a été le seul à pouvoir suivre un temps la roue du Slovène.
Avec désormais une question : est-il le successeur tant attendu de Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour de France, en 1985 ? « C’est l’élu », a même tranché Marc Madiot, manager de l’équipe Groupama-FDJ.
Et l’autre question qui va avec : doit-il aller dès cet été sur le Tour de France ? Le débat a vite enflammé le microcosme, entre ceux, souvent les anciens, qui estiment que c’est trop tôt et que le jeune homme serait mieux avisé d’aller d’abord s’aguerrir sur une Vuelta ou un Giro, loin de la pression dévorante des médias et du grand public, avant d’assister à la grande messe de juillet.
Mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. De là à imaginer Paul Seixas s’imposer dès cet été pour devenir le plus jeune vainqueur du Tour. Les records sont faits pour être battus.
Source:
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