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Pour une justice davantage tournée vers les victimes

La revue des revues. Quelle justice pour les victimes ? Si le système pénal les reconnaît comme des actrices à part entière dans les procédures depuis la fin du XXe siècle, leur parcours judiciaire reste long et fastidieux. Néanmoins, notamment depuis le mouvement #MeToo, « une révolution silencieuse et pourtant majeure » est en cours : les victimes « partent à l’assaut de la machine judiciaire » pour mieux se faire entendre, explique Marie Barbier, une des fondatrices et rédactrices en chef de La Déferlante. La revue féministe trimestrielle consacre dans son nouveau numéro un dossier bienvenu et riche à ces « victimes en quête de justice », qu’elles aient subi des violences sexuelles, policières ou environnementales, en s’intéressant à ce qu’elles traversent et à ce qu’elles veulent « vraiment ». Car les sanctions prévues par la loi ne sont pas toujours la réponse qu’elles espéraient.

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Obtenir un procès, c’est souvent le premier et lourd défi auquel sont confrontées les familles après la mort d’un proche dans le cadre d’une intervention policière, détaille la journaliste Maya Elboudrari dans une enquête fouillée. Mais, comme il est rare qu’elles y parviennent, certaines s’organisent et politisent leur quête, s’appuyant sur l’expérience de celles qui ont traversé des épreuves semblables. « Beaucoup déplacent la notion de justice dans le champ des luttes politiques et sociales pour faire reconnaître publiquement des violences policières, mais aussi les mécanismes racistes qui les rendent possibles. »

Sur le front des violences sexuelles, le nombre de plaintes a explosé, passant de 59 000 en 2014 à 154 000 en 2024. Mais malgré cette évolution perceptible depuis le mouvement #MeToo, seule une minorité de victimes se tournent vers les tribunaux. La journaliste Sarah Boucault parle d’une justice « défaillante », entre plaintes mal prises, enquêtes interminables, voire inexistantes, paroles maladroites dans les salles d’audience… Et souligne aussi combien les attentes des victimes, faute d’être interrogées, sont peu entendues, là où se sentir écouté est fondamental dans le processus de réparation.

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Source:

www.lemonde.fr