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Pétrole: l'Opep+ ébranlée et en quête d'unité après le départ des Émirats arabes unis

L’Arabie saoudite, la Russie et cinq autres pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (Opep+) ont décidé d’augmenter leurs quotas de production de pétrole, dimanche 3 mai 2026. Le cartel se réunissait pour la première fois depuis le séisme provoqué par le départ des Émirats arabes unis. Derrière cet affichage d’unité, l’organisation apparaît pourtant fragilisée, au moment où Abou Dhabi s’affranchit des quotas et accélère ses investissements pour renforcer ses capacités pétrolières.

Publié le : 03/05/2026 – 18:52


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La Compagnie nationale pétrolière d’Abou Dhabi, Adnoc, s’est engagée dimanche 3 mai à investir 55 milliards de dollars dans de nouveaux projets au cours des deux prochaines années pour accroître la production du pays. Une annonce qui intervient deux jours seulement après le départ des Émirats arabes unis du cartel pétrolier Opep et du groupe élargi Opep+.

« Adnoc a confirmé aujourd’hui qu’elle accélérait la croissance et la mise en œuvre de sa stratégie, avec 200 milliards de dirhams émiriens [55 milliards de dollars, NDLR] de nouveaux contrats de projets pour la période 2026-2028 », précise l’entreprise dans un communiqué.

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Réunis à distance, les pays membres du cartel ont dans le même temps confirmé une nouvelle hausse de leur production « de 188 000 barils par jour » pour le mois de juin, selon le communiqué publié sur le site de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Une décision à ce stade purement théorique, compte tenu de la fermeture du détroit d’Ormuz et de leur incapacité à exporter leur pétrole.

La déclaration de l’alliance ne mentionne pas les Émirats arabes unis, ce qui en soi reflète « en effet » un signe de tensions dans les relations avec Abou Dhabi. Le départ du pays, qui faisait partie de l’organisation des pays producteurs de pétrole depuis 60 ans, est un séisme à l’échelle de la géopolitique énergétique dans la région.

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Vers une augmentation de cinq millions de barils par jour

Abou Dabi, qui compte produire à présent comme bon lui semble, s’affranchissant de la politique des quotas, devient un concurrent redoutable pour le cartel. Le pays a investi massivement dans ses infrastructures ces dernières années, et sa compagnie pétrolière nationale Adnoc prévoit une capacité de production de cinq millions de barils par jour d’ici à 2027, très au-delà de son dernier quota fixé à 3,447 millions de barils par jour.

Une fois le marché de retour à une forme de normalité après le déblocage du détroit d’Ormuz, les Émirats arabes unies pourraient limiter l’impact des mesures prises par Riyad et ses alliés. Pour l’Opep+, le risque est aussi que d’autres pays soient tentés de partir : le Kazakhstan et l’Irak ont par exemple souvent été pointés du doigt pour avoir dépassé leurs quotas.

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Source:

www.rfi.fr