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AccueilSocietéPériscolaire : le Conseil de Paris adopte le plan d’action d’Emmanuel Grégoire

Périscolaire : le Conseil de Paris adopte le plan d’action d’Emmanuel Grégoire

Le Conseil de Paris a adopté, mardi 14 avril, le plan d’action de 20 millions d’euros du nouveau maire, le socialiste Emmanuel Grégoire, destiné à protéger les enfants dans le secteur périscolaire, éclaboussé par des affaires de violences sexuelles à répétition.

Le plan a été adopté au terme de vifs débats lors desquels l’opposition a reproché au nouvel édile un manque de transparence, y compris sur ses responsabilités passées à l’Hôtel de ville.

« Nous avons pris le sujet à bras-le-corps », a assuré devant l’assemblée réunie en session extraordinaire l’ancien bras droit d’Anne Hidalgo, qui a fait du périscolaire la « priorité absolue » de son début de mandat.

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Depuis le début de l’année, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles ; ces chiffres traduisent un caractère « systémique » des violences, a reconnu M. Grégoire, qui a dit comprendre la « colère légitime » des familles concernées.

Le plan d’action prévoit une série de « mesures d’urgence », à commencer par une simplification de la chaîne de signalement et la mise en place d’une cellule spécifique. La Ville s’engage, par ailleurs, à une « transparence totale » envers les familles en leur restituant l’intégralité des conclusions des enquêtes administratives. « Nous leur donnons maintenant systématiquement la période sur laquelle a travaillé l’animateur incriminé », a précisé l’adjointe aux affaires scolaires, Anne-Claire Boux.

« Chaque violence sur enfant donnera lieu sans délai à une suspension conservatoire de l’agent concerné et ces agents mis en cause ne pourront pas retravailler auprès d’enfants à la Ville de Paris », a affirmé M. Grégoire.

Selon le syndicat Supap-FSU, ce principe instaure un « climat de suspicion » et donne lieu à des « suspensions arbitraires ». Une centaine d’agents se sont rassemblés dans la matinée devant l’hôtel de ville pour réclamer des « recrutements massifs ».

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Le maire entend investir « massivement » dans la formation des agents (20 000 au total) en ouvrant une « école du périscolaire » pour professionnaliser la filière, très précarisée, et en créant un corps de catégorie A. Dans les écoles maternelles, les équipes seront, en outre, renforcées par des éducateurs de jeunes enfants. La Ville va aussi réaménager les espaces « sensibles », comme les toilettes, pour éviter qu’un adulte ne s’y retrouve seul avec un enfant.

Convention citoyenne sur les temps de l’enfant

Celui qui fut dix ans adjoint à l’Hôtel de ville, dont trois ans chargé des ressources humaines et six ans premier adjoint, s’engage également à mettre en place une « commission indépendante » pour dresser un état des lieux « complet » et formuler des recommandations.

« En tant que chargé des ressources humaines, vous avez laissé prospérer un système », a affirmé le maire du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq (Les Républicains), membre du groupe Paris Liberté !, coprésidé par Grégory Canal et Rachida Dati, absente des débats. Le premier groupe d’opposition réclame la mise en place d’une mission d’information et d’évaluation transpartisane, option que M. Grégoire a balayée.

« Votre communication marque la fin du déni, mais elle est incomplète, car les enseignements des dysfonctionnements qui ont engendré ces drames ne sont pas encore tirés », lui a, quant à elle, reproché Maud Gatel, présidente du groupe MoDem et indépendants.

Alors que le maire de Paris avait parlé de « changement managérial à tous les niveaux », la directrice des affaires scolaires de la Ville de Paris a annoncé, jeudi, quitter ses fonctions au bout de trois ans, sans en préciser les raisons.

« Si vous voulez réparer, il faut rechercher les responsabilités politiques et administratives qui ont mené à la catastrophe », a commenté Sophia Chikirou (LFI).

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Le groupe Paris Liberté ! demande aussi l’installation de caméras de vidéosurveillance à l’intérieur des plus de 620 écoles de la capitale, pour un montant estimé à « moins de 10 millions d’euros ». Une proposition que les collectifs de familles rejettent.

« Il vaut mieux investir sur des formations solides et diplômantes », a fait valoir Elisabeth Guthmann, du collectif SOS Périscolaire.

Outre les mesures d’urgence, M. Grégoire va mettre en œuvre une « convention citoyenne sur les temps de l’enfant », constitué d’un panel de 80 parents d’élèves tirés au sort. Ses conclusions seront remises le 22 juin, a fait savoir le maire, qui assure n’avoir « aucun tabou » sur la semaine de quatre jours et demi d’école en vigueur à Paris depuis 2013.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr