L’UFC (Ultimate Fighting Championship), organisation internationale de MMA, pose ses valises à la Maison Blanche ce dimanche soir. Un évènement exceptionnel par sa localisation et le haut niveau des combats. Mais le spectacle sera aussi tourné autour de Donald Trump, qui fête ses 80 ans à l’occasion, et qui a tissé une relation privilégiée avec l’UFC et particulièrement son patron, Dana White.
Publié le : 14/06/2026 – 08:03Modifié le : 14/06/2026 – 13:47
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Donald Trump a fait de la Coupe du monde en Amérique du Nord un rendez-vous qui a longtemps tourné autour de sa personne. Le président américain a profité de l’organisation de l’évènement pour tisser des relations de pouvoir avec la Fifa et notamment son président, Gianni Infantino, au point que ce dernier décerne à Trump, en décembre 2025, le prix de la Fifa pour la paix. Une récompense aux airs de blague, au prisme de l’actualité internationale du moment. Mais il y a un évènement sportif qui anime peut-être encore un peu plus le milliardaire, et qui aura lieu trois jours après le début du Mondial : l’UFC va poser sa cage sur la pelouse de la Maison Blanche pour une soirée de combats inédite.
Six affrontements dans un octogone grillagé, posé sur la pelouse sud de la célèbre résidence des présidents à Washington, auxquels participera le Français Ciryl Gane, qui croisera le fer avec le Brésilien Alex Pereira. Si les combats s’annoncent de très haut niveau, avec la présence d’Illia Topuria – considéré par beaucoup comme le meilleur combattant au monde du moment – il ne s’agira pas complètement de sport.
Il s’agira d’abord de Trump. Si l’événement est vendu comme s’intégrant aux célébrations autour du 250e anniversaire des États-Unis – la date officielle est le 4 juillet -, il tombe surtout le jour des 80 ans de Donald Trump, né un 14 juin. L’UFC a l’habitude d’organiser ses combats le samedi, cette fois les combats ont été décalés au dimanche pour faire coïncider la date avec celle de l’anniversaire du président américain.
Ainsi, il pourra souffler ses 80 bougies en regardant les combats, entouré de quelques milliers d’invités triés sur le volet par lui-même et certains dirigeants de l’UFC, en plus de plusieurs milliers de militaires qui se seront vu offrir une place sur la pelouse, près de la cage. En revanche, ces membres de l’armée américaine seront choisis sur des critères de taille et de poids, histoire de ne pas renvoyer une image d’une armée peu en forme le jour de l’anniversaire présidentiel, en pleine guerre contre l’Iran.
L’UFC au service de Trump, Trump au service de l’UFC
En réalité, l’organisation de l’évènement ressemble beaucoup à un renvoi d’ascenseur. Dana White, le patron de l’UFC, a largement participé à la campagne victorieuse de Trump, en apparaissant lors de plusieurs de ses meetings pour tresser les louanges du président républicain. On a aussi pu observer Trump se rendre à de nombreuses reprises à des combats de l’UFC et en profiter pour capter la lumière de combattants très populaires et renforcer son image auprès des jeunes hommes américains, très friands de MMA.
D’ailleurs, à la mi-novembre 2024, lors de l’UFC 309 au Madison Square Garden tenu quelques semaines après la seconde élection de Trump à la présidence, ce dernier s’est pavané au sein de l’enceinte new-yorkaise, sous les acclamations de la foule scandant « USA, USA, USA », accompagné d’Elon Musk et de quelques-uns de ses lieutenants, aujourd’hui membres de son administration. Ce même jour, Trump glisse à l’oreille de Dana White, entre deux combats, qu’il serait une bonne idée de faire venir l’UFC à la Maison Blanche.

Idéal pour la stratégie de l’UFC
Cela aura mis un an et demi à se concrétiser, mais voilà qui est fait. L’UFC va tout payer de sa poche pour installer une structure géante et une cage parfaitement plate sur une pelouse en pente, le tout devant un des lieux les plus sécurisés au monde. Un coût de 60 millions de dollars entièrement assumé par l’entreprise, qui organise l’événement à perte mais espère des retombées économiques à moyen terme. Notamment en touchant, par le biais de l’événement, un public plus large que sa base de fans habituelle.
Une politique d’élargissement en pleine accélération depuis la diffusion de l’UFC sur Paramount aux États-Unis, rendant les shows de l’organisation bien plus accessibles aux Américains, après l’achat des droits de retransmission pour plus de 7 milliards de dollars en 2025. Paramount, propriété du studio Skydance dirigé par David Ellison, fervent trumpiste. Et pour boucler la boucle, le HuffPost a révélé que Donald Trump avait investi entre 15 000 et 50 000 dollars en mars dans des actions de T.K.O, la maison mère de l’UFC.
Avec cet évènement organisé un peu pour lui et aussi un peu par lui, Trump devrait recevoir un meilleur accueil que lors du match des finales NBA entre les New York Knicks et les San Antonio Spurs, lors duquel il avait été copieusement sifflé. La soirée aura au moins l’effet d’une caresse à son ego, à l’heure où sa côte de popularité est particulièrement basse aux États-Unis.
Source:
www.rfi.fr


