En quelques jours, le visage de Maria Carolina de
Bourbon des Deux-Siciles est passé des salons feutrés aux
kiosques de quartier. La jeune femme est apparue main dans la main
avec Jordan Bardella en une de Paris Match,
révélant au grand public un couple inattendu entre une princesse
italienne et le patron du Rassemblement national.
À 22 ans, cette héritière du gotha n’est pourtant pas seulement
la compagne d’un possible futur candidat à l’Élysée. Fille du
prince Charles et de la princesse Camilla de Bourbon-Siciles, elle
est au centre d’un enjeu dynastique très calculé, au point que ses
parents se disent « préoccupés », selon Gala, par l’exposition
soudaine de leur fille. Car son père a littéralement réécrit
l’histoire familiale pour qu’elle lui succède.
Maria Carolina de Bourbon-Siciles, princesse de 22 ans et
compagne de Jordan Bardella
Née le 23 juin 2003 à Rome, Maria Carolina est l’aînée de
Charles de Bourbon des Deux-Siciles, duc de Castro
et chef de la maison, et de Camilla Crociani. Sa lignée remonte à
la dynastie capétienne, celle de Hugues Capet et de Louis XIV, via
Philippe V d’Espagne. Héritière désignée, elle porte déjà les
titres de duchesse de Calabre et de Palerme, traditionnellement
réservés au successeur d’un trône aujourd’hui disparu.
Son histoire privée a pris une autre dimension le 9 avril 2026,
quand Paris Match a officialisé sa relation avec Jordan Bardella,
photos de vacances corses à l’appui. Quelques jours plus tard, le
président du RN a confirmé ce couple au JT de France 2. Derrière le
roman sentimental, une réalité demeure : Maria Carolina arrive sous
les projecteurs avec un statut d’héritière patiemment construit par
son père.
Une maison de Bourbon des Deux-Siciles en guerre de
succession
La maison de Bourbon des Deux-Siciles descend des rois qui ont
régné sur Naples, la Sicile puis le royaume des Deux-Siciles entre
1734 et 1861. Depuis la chute de ce royaume, le « trône » n’est plus
qu’un héritage symbolique, mais il divise toujours la famille :
d’un côté la branche dite française, menée par le duc de Castro, de
l’autre la branche espagnole, autour de Pedro de Bourbon-Siciles,
duc de Calabre.
Longtemps, ces princes ont suivi la loi
salique, cette règle médiévale qui réservait la couronne
aux hommes. Au fil du temps, plusieurs monarchies européennes ont
abandonné ce principe au profit de la primogéniture
absolue, où l’aîné, fille ou garçon, hérite. C’est dans ce
mouvement que Charles de Bourbon-Siciles a choisi de s’inscrire,
tout en relançant une vieille querelle familiale.
2016, le coup de force de Charles pour
faire de sa fille l’héritière
Le 14 mai 2016, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, le duc
de Castro annonce officiellement une réforme de ses « lois
fondamentales ». Il abolit la loi salique au sein de sa maison,
instaure la primogéniture absolue et désigne Maria Carolina comme
héritière directe, lui attribuant les titres de duchesse de Calabre
et de Palerme. Ce geste efface la priorité donnée jusqu’alors aux
héritiers masculins et court-circuite les attentes de la branche
espagnole.
Pour justifier ce choix, Charles déclare : « Empêcher les femmes
de succéder au trône est une discrimination », avait-il affirmé à la
presse en 2016. Des cercles monarchistes et son cousin Pedro
contestent depuis la légitimité de cette réforme, ravivant la
« guerre des Deux-Siciles ». Maria Carolina, appelée à devenir un
jour cheffe de cette maison sans royaume mais très active dans les
ordres dynastiques et la philanthropie, se retrouve aujourd’hui à
la croisée de ce pari dynastique et de l’ascension politique de
Jordan Bardella. Sa trajectoire reste étroitement liée à la
décision de son père d’avoir changé les règles pour elle.
Source:
www.closermag.fr

