Dans un entretien accordé à Opinion Internationale, l’ambassadrice du Sri Lanka en France, Manisha Gunasekera, revient sur la dévastation provoquée par le cyclone Ditwah, qui a frappé le pays le 28 novembre avec une violence inédite. Des pluies torrentielles ont submergé plusieurs régions, provoquant le débordement de grands fleuves et réservoirs, et entraînant une montée des eaux si soudaine que les secours ont dû intervenir par voie aérienne dans certaines zones isolées. Selon l’unité d’urgence gouvernementale, 465 personnes ont perdu la vie et 365 sont toujours portées disparues, tandis que des milliers de maisons ont été détruites, notamment dans les régions touristiques de Kandy et Nuwara Eliya.
L’ambassadrice explique que le Sri Lanka, habitué à gérer les cyclones, n’avait toutefois jamais affronté une tempête d’une telle intensité. Malgré l’anticipation et les alertes, l’ensemble du pays a été touché par les effets du phénomène. Les autorités ont d’abord concentré leurs efforts sur les évacuations, la sécurisation des populations et la distribution de vivres et d’eau potable. La situation reste en cours d’évaluation, les statistiques étant mises à jour trois fois par jour par les services d’urgence.
Face à l’ampleur de la catastrophe, Colombo a lancé un appel à l’aide internationale. L’Inde a été la première à intervenir en dépêchant avions, équipes médicales et hôpitaux de campagne. D’autres pays, dont le Pakistan, le Japon, les États-Unis, le Royaume-Uni ou les Émirats arabes unis ont également acheminé du matériel. L’ambassadrice insiste sur le fait que cet épisode extrême s’inscrit dans un contexte global de dérèglement climatique touchant l’ensemble de la région tropicale asiatique. Le Sri Lanka, dont l’économie repose largement sur le tourisme et l’investissement, doit désormais engager un vaste chantier de reconstruction.
Manisha Gunasekera souligne par ailleurs la solidarité de la diaspora sri-lankaise, particulièrement nombreuse en France avec plus de trois cent mille ressortissants. Un fonds de secours international a été ouvert afin de centraliser les contributions financières en devises, immédiatement mobilisables pour les besoins urgents et les premiers travaux de reconstruction.
Interrogée sur les attentes envers la France, l’ambassadrice rappelle que des discussions sont en cours avec Paris, qui dispose d’une expertise reconnue en gestion de catastrophes naturelles. La France étudie actuellement la liste officielle des besoins transmise par Colombo. Les entreprises françaises déjà implantées au Sri Lanka, notamment dans les secteurs de l’eau, des infrastructures ou du développement durable, sont encouragées à participer à l’effort humanitaire ou à soutenir des projets de reconstruction.
De nombreuses ONG françaises spécialisées dans l’accès à l’eau potable ou les interventions d’urgence ont également contacté l’ambassade. Toutes les offres sont centralisées et examinées par le centre national sri-lankais de gestion des catastrophes. Pour faciliter les dons, la Banque centrale du Sri Lanka a ouvert des comptes en euros dans le système bancaire européen afin de réduire les coûts de transfert. Le gouvernement, assure l’ambassadrice, s’engage à une gestion transparente et éthique des fonds.
Manisha Gunasekera appelle enfin les Français, les entreprises françaises et la diaspora à se mobiliser pour soutenir un pays meurtri mais déterminé à se relever. Malgré l’intensité du cyclone Ditwah, conclut-elle, la solidarité internationale permettra au Sri Lanka de reconstruire ses infrastructures essentielles et de tourner la page de cette tragédie.

