Les douleurs du pied sont très fréquentes dans la population et constituent un motif courant de consultation en podologie. Leur prévalence est plus élevée chez les femmes. Une différence qui s’explique, notamment, par le port de chaussures étroites ou à talons, qui favorisent certaines pathologies comme l’hallux valgus.
Quelles sont les causes possibles de douleurs au pied avec des chaussures ?
Les douleurs de pied liées aux chaussures sont très fréquentes et souvent multifactorielles. Pour comprendre, il faut bien distinguer les causes mécaniques (liées à la chaussure elle-même) et les pathologies qu’elle peut déclencher ou aggraver.
Les pathologies articulaires : hallux valgus, orteils en griffe
Certaines pathologies articulaires comme l’hallux valgus ou la déformation des orteils en griffe peuvent engendrer des douleurs et des difficultés à se chausser. « Par exemple, les orteils en griffe vont générer des frottements sur le dessus des orteils et entraîner des cors ou des durillons. Même principe pour l’hallux valgus qui nécessite une chaussure plus large », explique Romain Vayer.
Les pathologies tendineuses
La fasciite plantaire ou certaines tendinopathies du pied sont également à l’origine de douleurs. « La fasciite plantaire survient souvent lors d’une surutilisation du pied, explique le podologue. Par exemple en marchant sur de longues distances avec des chaussures inadaptées. » La fasciite plantaire (ou aponévrosite plantaire) peut être associée à une épine calcanéenne, une calcification d’un tendon au niveau du talon qui occasionne des douleurs très invalidantes.
Les pathologies ligamentaires
Les ligaments du pied peuvent aussi être responsables de douleurs, notamment au milieu du pied ou sous la plante : entorses de la cheville, du pied ou des orteils, ou encore instabilité ligamentaire chronique.
Les pathologies nerveuses
Celles-ci sont le plus souvent dues à une compression nerveuse. Le névrome de Morton, par exemple, correspond à une irritation d’un nerf entre deux têtes métatarsiennes. Il engendre des douleurs de l’avant-pied, souvent décrites comme des brûlures ou des décharges électriques. Certains patients ont même l’impression d’avoir un petit caillou dans leur chaussure…
Les pathologies cutanées
Enfin, les atteintes cutanées et unguéales sont une cause très fréquente de douleurs du pied, notamment les cors, les durillons, les verrues plantaires, les ampoules ou encore les ongles incarnés.
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Quelles chaussures choisir quand on a mal aux pieds ? Quelles sont celles conseillées par les podologues ?
Il est important de choisir des chaussures adaptées à la forme de ses pieds. En clair : oubliez les escarpins ou les ballerines si vous avez un pied large ! « Beaucoup de douleurs de pied sont liées au chaussage, affirme Romain Vayer. Aujourd’hui, on choisit des chaussures parce qu’elles nous plaisent ou sont à la mode… mais celles-ci ne répondent pas forcément à nos besoins. Le meilleur chaussage est celui dans lequel on se sent bien. » Pour le podologue, la chaussure idéale est celle qui accompagne le pied tout en respectant ses mouvements naturels.
Il rappelle, à ce titre, que la chaussure a été inventée pour protéger le pied. « Dès l’Antiquité, les soldats romains qui marchaient sur de longues distances ont adopté des sandales pour protéger leurs pieds. Par la suite, la chaussure est devenue un objet de mode. Mais sa fonction première reste la protection : elle doit donc être adaptée à la morphologie de chacun. Or, les chaussures de ville sont souvent trop étroites. »
Une chaussure qui ne comprime pas le pied
Optez, de préférence, pour une chaussure à bout large ou arrondi afin de laisser vos orteils bouger librement. « La chaussure idéale est celle adaptée à la morphologie du pied, insiste le spécialiste. Elle doit être souple, offrir un espace suffisant pour les orteils et être idéalement plate avec un léger confort d’accueil à l’intérieur. Par exemple, une petite semelle en mousse. »
Les sneakers cochent toutes ces cases : elles sont souples, relativement larges, respirantes et ajustables grâce au laçage. « Cette évolution vers des chaussures au chaussant plus adapté permet aujourd’hui de réduire certaines pathologies comme les durillons ou les cors. En revanche, il est recommandé de privilégier des matières respirantes, comme le cuir, le coton ou certains textiles, afin de limiter la macération et le développement de mycoses. »
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Une semelle confortable
Choisissez une chaussure avec une semelle souple et légèrement amortissante. « Au quotidien, une semelle trop épaisse n’est pas nécessaire, notamment chez les enfants. L’objectif est de préserver une bonne proprioception : la chaussure doit protéger sans créer une interface excessive entre le pied et le sol », précise le podologue. Un amorti modéré peut néanmoins aider à réduire les contraintes mécaniques et à prévenir certaines douleurs, notamment au talon ou à l’avant-pied.
Un bon maintien du pied
Enfin, privilégiez une chaussure qui maintient bien le pied sans l’entraver. « Un bon maintien — par système de laçage, scratchs ou boucles — permet de limiter les risques d’entorse et certaines sursollicitations tendineuses », explique Romain Vayer. Les tongs, mules et autres claquettes ne sont donc pas le meilleur choix ! « Elles sont très bien pour la plage mais ne sont pas faites pour marcher longtemps, confirme-t-il. Ou alors, préférez un modèle avec une sangle réglable à l’arrière afin de mieux maintenir le pied. »
Comment choisir la hauteur et l’épaisseur de ses talons pour limiter les douleurs aux pieds ?
La hauteur et l’épaisseur du talon jouent un rôle majeur dans les douleurs du pied. « Il faut éviter les talons trop hauts : au-delà de 4 cm, la pression augmente significativement sur l’avant-pied, ce qui peut entraîner des douleurs », insiste le spécialiste.
Et pour les pieds déformés : quel type de chaussure ?
En cas d’hallux valgus, il peut devenir difficile de se chausser. « Les chaussures thérapeutiques constituent aujourd’hui une alternative intéressante. Elles sont souvent conçues avec des matériaux souples et élastiques qui limitent les frottements. En tant que podologues, nous pouvons également prescrire une orthoplastie, un dispositif de protection en silicone visant à soulager les zones de pression et parfois à retarder le recours à la chirurgie. »
Source:
www.santemagazine.fr

