Les députés européens et un groupe de défense des droits respecté ont uni leurs forces pour exiger une action urgente pour mettre fin aux « plus graves tragédies humaines de notre époque ».
Alors que le Soudan sombre dans ce qui est devenu la pire catastrophe humanitaire au monde, de nouveaux appels sont lancés à la communauté internationale pour qu’elle mette fin à ce qu’un groupe politique au Parlement européen appelle son « inaction honteuse » et pour que les dirigeants « donnent la priorité à cette crise tragique ».
Après deux ans et demi de conflit fratricide, la situation a atteint des niveaux d’horreur sans précédent.
Plus de 150 000 personnes ont été tuées et des millions de civils ont été contraints de fuir leurs villes et villages, dont près de 50 000 rien que ces derniers jours.
Les survivants dénoncent des crimes de guerre systématiques : exécutions sommaires de civils, viols généralisés, pillages, enlèvements et attaques contre des travailleurs humanitaires.
Le groupe Renew Europe au Parlement européen affirme que les personnes impliquées « doivent être tenues responsables de l’escalade de cette guerre civile ».
L’eurodéputée Hilde Vautmans (Open-VLD, Belgique), porte-parole de Renew Europe pour les affaires étrangères, a déclaré que le Soudan « endure l’une des plus graves tragédies humaines de notre époque ».
Vautmans a ajouté,
« Lorsque des enfants et des femmes sont violés comme arme de terreur, lorsque la famine est organisée et que l’aide humanitaire est bloquée, le monde ne peut pas rester neutre. Mettre fin à cette horreur nécessite plus que des mots : cela exige un cessez-le-feu immédiat, un accès humanitaire complet et des sanctions ciblées contre les commandants responsables, Burhan, Hemedti et leurs réseaux. Protéger les civils, soutenir les survivants et garantir la justice est notre obligation légale et morale ».
Ses commentaires sont repris par un autre député européen, Barry Andrews (Fianna Fáil, Irlande), qui préside la commission du développement.
Il a déclaré :
« Nous sommes maintenant dans deux ans d’une guerre qui a tué plus de 150 000 personnes, provoqué une famine et déplacé plus de 14 millions de personnes. C’est ce qui se produit lorsque l’UE et d’autres acteurs internationaux clés ne parviennent pas à investir dans les États. La chance du Soudan de parvenir à la démocratie a été ratée en 2019, l’UE n’ayant pas investi dans la paix et la réconciliation au moment où cela comptait le plus. »
Andrés ajoute,
« Les États fragiles auront toujours besoin de notre aide. Si nous n’agissons pas, nous serons condamnés à assister au massacre de civils innocents par milliers, comme c’est le cas actuellement. »
Charles Goerens (DP, Luxembourg), coordinateur Renew de la commission du développement, commente également la crise.
Il a ajouté :
» Ce à quoi nous assistons au Soudan est un rappel de ce qui se passe et de ce qui continuera de se produire lorsque le monde tournera le dos aux plus faibles de la communauté mondiale. Au-delà du besoin urgent de mettre fin à la violence, la communauté internationale doit lancer une enquête indépendante sur les crimes de guerre commis et demander des comptes à ceux qui alimentent ce conflit. «
« Dans le même temps, seul un investissement continu dans la coopération au développement et l’aide humanitaire peut contribuer à prévenir de telles tragédies et à aider les populations à survivre lorsqu’elles se produisent. L’Europe ne doit pas faiblir dans son engagement en faveur de la solidarité mondiale – c’est à la fois un devoir moral et une nécessité stratégique pour favoriser la stabilité et la dignité humaine. »
Jan-Christoph Oetjen (FDP, Allemagne), coprésident de Renew PAC, partage ce point de vue en déclarant : « L’UE ne peut plus ignorer les graves violations du droit humanitaire international au Soudan qui ont conduit à l’une des pires crises humanitaires de notre époque.
« Des millions de personnes ont cruellement besoin d’une aide immédiate.
« En tant que Parlement européen, nous avons l’obligation politique et morale de prendre la parole et d’exiger la fin de la violence au Soudan. Nous devons intensifier nos efforts diplomatiques et jouer un rôle actif dans le processus de paix en appliquant un embargo sur les armes et en faisant pression pour que l’accès humanitaire puisse atteindre les millions de personnes touchées par ce conflit brutal. »
Un autre commentaire sur la situation tragique au Soudan vient de Willy Fautré, directeur de Droits de l’Homme sans frontières, un groupe de défense des droits respecté et bien établi basé à Bruxelles.
Il a dit,
« Les Forces de soutien rapide (RSF), qui font partie de l’Alliance Tasis du Soudan, ont pris le contrôle d’El-Fasher. La défaite des Forces armées soudanaises (SAF) signifie que toute la région du Darfour est désormais sous le contrôle des RSF, ce qui donne aux RSF un levier stratégique dans les négociations.
« La capture d’El-Fasher consolide la domination des RSF dans les cinq États du Dafour, coupe le dernier point d’appui militaire des SAF dans la région et ouvre des couloirs logistiques directs pour les routes d’approvisionnement des RSF. Le contrôle d’El Fasher donne aux RSF une domination incontestée sur le Darfour. Il sécurise également un couloir logistique vers la Libye pour les armes et le carburant, et permet le redéploiement des forces des RSF vers les principales lignes de front. »
dit-il.
Il a ajouté,
« La paix n’est pas pour demain. »

