Les déplacements de Bruno Retailleau en banlieue parisienne ont souvent le même objet : pointer la menace « insoumise ». Le 5 mars, le président du parti Les Républicains (LR) dénonçait depuis Le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) « les accords de la honte » aux municipales entre la France insoumise (LFI) et les socialistes. Un mois et sept nouveaux maires « insoumis » plus tard, le candidat à la présidentielle a annoncé, vendredi 3 avril, depuis Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), la création d’un « observatoire des municipalités LFI » destiné à surveiller, à documenter voire à dénoncer les pratiques des élus du mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
« Il s’agit d’un outil d’alerte pour nos concitoyens, déclare M. Retailleau. On veut ne rien laisser passer. » Mais cet outil a surtout une fonction bien plus politique. Depuis septembre 2024, LR érige LFI en « principal ennemi de la République ». A l’époque, il s’agit de justifier son entrée dans le gouvernement de Michel Barnier, en agitant la menace d’une alternative Nouvelle Front populaire avec Lucie Castets à Matignon et des ministres « insoumis ». « La sécurité des Français serait-elle mieux assurée si le député LFI Louis Boyard était ministre de l’intérieur à ma place ? », interrogeait Bruno Retailleau peu de temps après son arrivée place Beauvau.
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