Avec les 130 lots de la vente du 21 mai, la maison de vente Gros & Delettrez célèbre les 130 ans de la toile monogrammée Vuitton, appliquée sur des malles, bagages et objets historiques.
Cette vente évoque un temps où voyager de manière luxueuse impliquait de posséder jusqu’à quarante malles différentes, certaines faisant office de meuble d’appoint, d’autres servant uniquement aux chaussures ou aux chapeaux. À la fin du XIXe siècle, le malletier Vuitton décide de personnaliser ses créations, en les couvrant d’une toile marquée à ses initiales. La maison Gros & Delettrez retrace, le temps d’une vente aux enchères, cet art du voyage au travers de l’histoire de la toile Louis Vuitton (ndlr : Connaissance des Arts appartient au groupe LVMH).
De Georges Vuitton à Jeff Koons
La toile monogrammée tissée est créée en 1896 par Georges Vuitton, le fils de Louis : « Auparavant les malles étaient toutes unies rayés ou avec des damiers, mais ces motifs étaient copiés par les autres malletiers affirme Antoine Saulnier, mettre les initiales LV sur les bagages est aussi dès la fin du XIXe siècle une manière d’éviter les contrefaçons. »
Malle bibliothèque écritoire de voyage, toile Monogram. Estimation : 8 000 – 12 000 €. © Gros et Delettrez / Adrien Alleaume
En 1904 apparaît la version au pochoir projeté, dans les années 1950 la toile est enduite et imprimée… « Le monogramme bleu a également existé, et dans les années 1990-2000, des éditions spéciales en collaboration avec des artistes contemporains tels que Jeff Koons ou Yayoi Kusama ont vu le jour », complète le commissaire-priseur.

Malle-lit d’explorateur Louis Vuitton en toile Monogram chiffrée B.B. Estimation : 35 000 à 40 000 €. © Gros et Delettrez / Adrien Alleaume
Des malles lits pour très longs voyages
Dans la vente du 21 mai, « nous avons choisi de mettre en valeur les malles de voyages, avec des pièces historiques rares », précise Antoine Saulnier. Il parle notamment des malles lits, pièces réalisées uniquement sur commande par la marque entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Une des deux inscrites au catalogue, et qui ne porte pas la toile LV qui n’est pas généralisée encore, a appartenu à Jules Tivan, explorateur dauphinois pionnier du Congo français (actuel Gabon, Tchad et République du Congo) dans les dernières années du XIXe siècle. Quant au propriétaire d’origine de l’autre, recouverte de la fameuse toile reste inconnu, ses initiales sont « B. B.»

Malle-lit d’explorateur Louis Vuitton ayant appartenu à Jules Tivan. Estimation : 35 000 – 40 000 €. © Gros et Delettrez

Malle-lit d’explorateur Louis Vuitton ayant appartenu à Jules Tivan. Estimation : 35 000 – 40 000 €. © Gros et Delettrez
La malle bureau en vuittonite jaune ocre constitue une curiosité dans cette vente… « Elle date des années 1920, c’est un modèle rare dans lequel une penderie et des casiers servaient aux vêtements, et une tablette rétractable faisait office de petit bureau », décrit le commissaire-priseur. Historiquement, cette couleur jaune vif est développée à la demande du tsar de Russie, qui ne pouvait avoir de bagages portant d’autres initiales que les siennes ! Devant son succès, la maison Vuitton décide ensuite de l’inscrire à son catalogue.

Malle-bureau et linge Louis Vuitton, vers 1920. Estimation : 20 000 – 25 000 €. © Gros et Delettrez
La valeur des malles anciennes dépend aujourd’hui de plusieurs facteurs : « l’ancienneté, la rareté, l’état de conservation, la toile doit être sans manque, la destination du bagage ne doit pas avoir été changée, et toutes les finitions, serrures, coins en fer noirci ou en laiton doré, bordures en cuir ou en lozine doivent être intactes », énumère Antoine Saulnier. C’est sous ces conditions qu’elles intéressent un public de collectionneurs de la marque, de décorateurs ou simplement de particuliers.
Vente chez Gros & Delettrez2, rue de Bérite, 75006 Paris21 mai 2026
Source:
www.connaissancedesarts.com

