L’attention portée sur l’enseignement scientifique au lycée a tendance à se focaliser essentiellement sur les mathématiques, au détriment de deux autres disciplines fondamentales que sont la physique-chimie et les sciences de la vie et de la Terre (SVT). Cette dernière discipline peut permettre à la société d’affronter les enjeux environnementaux, sanitaires et climatiques actuels et à venir. Pour y parvenir, quatre points méritent une attention particulière.
D’abord, notre système éducatif souffre de la part réduite des savoirs disciplinaires dans la formation des professeurs, tant initiale que continue, par rapport aux aspects pédagogiques. La formation continue repose quasi intégralement sur du bénévolat associatif et, en l’absence de celui-ci, les enseignants sont parfois contraints de se mettre à niveau dans les manuels scolaires. Or, ceux-ci sont rédigés dans l’urgence à cause des délais et de la compétition entre éditeurs. Destinés aux élèves, ils n’offrent pas les nuances, les vérifications des données ou le recul critique nécessaire aux formateurs. Une autre carence de la formation des maîtres en SVT est le manque d’interaction entre disciplines. Manquer d’outils mathématiques conduit à une approche trop qualitative des phénomènes biologiques et géologiques : quantifier évite des erreurs et précise les prédictions, notamment en écologie.
Second problème, l’enseignement de SVT n’insiste pas suffisamment sur les incertitudes des modèles. En classes de 1re et de terminale, un enseignement scientifique est censé donner à tous les lycéens une formation à la démarche scientifique par une approche pluridisciplinaire : mais les enseignants de mathématiques ont refusé d’y participer et cet enseignement s’est réduit à une juxtaposition de cours de SVT et de physique-chimie. Peu intégré, il ne montre pas comment une théorie scientifique peut être remise en cause par de nouveaux éléments ni pourquoi il n’y a pas toujours consensus parmi les chercheurs : l’existence du doute méthodologique doit être plus clairement posée.
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Source:
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