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Les leaders catholiques et les influenceurs MAGA condamnent la campagne blasphématoire de Trump

Dans la guerre entre l’Iran et l’administration Trump, il n’y a que des perdants — et le conflit pourrait être loin d’être terminé.

Le revirement soudain du président Donald Trump dans sa guerre mal conçue contre l’Iran a laissé la crise sans solution, alors que les hostilités se poursuivent à travers le Moyen-Orient et qu’une route commerciale mondiale majeure reste menacée.

Si de nombreux observateurs — ainsi que les marchés pétroliers — ont d’abord réagi positivement à la perspective d’une fin des combats et d’une solution diplomatique, il apparaît clairement qu’il n’y a peut-être pas assez de confiance et de bonne volonté entre Washington et Téhéran pour mettre un terme à la guerre.

Les analystes affirment que la République islamique est convaincue d’avoir l’avantage dans les négociations, tandis que les États-Unis cherchent une porte de sortie face à une guerre de plus en plus impopulaire aux répercussions économiques mondiales.

Un cessez-le-feu immédiatement fragilisé

Les difficultés à transformer un cessez-le-feu en accord durable sont apparues immédiatement. L’Iran et Israël ont mené des frappes aériennes, des tirs de missiles et des attaques de drones dans plusieurs pays quelques heures seulement après l’annonce de mardi soir. Les plus dramatiques et les plus meurtrières ont eu lieu au Liban, où Israël a déclaré avoir mené plus de 100 frappes aériennes contre des « cibles du Hezbollah » en dix minutes à travers le pays — dont beaucoup dans la capitale densément peuplée de Beyrouth.

Des vidéos prises sur place montrent des explosions massives de bombes aériennes projetant des colonnes de poussière et des pluies de débris dans le ciel, au milieu d’immeubles d’habitation et de rues bondées en plein jour. Les responsables de la défense civile libanaise ont estimé dans un premier bilan que 254 personnes avaient été tuées et 1 165 blessées. Des reporters de l’Associated Press ont déclaré avoir vu des squelettes carbonisés piégés dans des voitures calcinées dans les rues.

Interrogée mercredi après-midi sur l’inclusion du Liban dans le cessez-le-feu, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a répondu que non, faisant écho à un commentaire antérieur de Trump. Cette position était en contradiction avec la déclaration publiée par le premier ministre pakistanais — médiateur de l’accord — annonçant le cessez-le-feu.

L’Iran affirme que le Liban doit être inclus dans tout accord de cessez-le-feu. Le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf — l’un des négociateurs clés — a accusé les États-Unis de violer la « base de travail sur laquelle négocier », déclarant que « dans une telle situation, un cessez-le-feu ou des négociations bilatérales sont déraisonnables ».

« Le Liban et l’ensemble de l’Axe de la Résistance, en tant qu’alliés de l’Iran, forment une partie indissociable du cessez-le-feu », a écrit Ghalibaf jeudi. « Les violations du cessez-le-feu auront des coûts explicites et des réponses FORTES. Éteignez le feu immédiatement. »

Le vice-président J.D. Vance — homologue de Ghalibaf dans les pourparlers prévus — a adopté un point de vue différent, affirmant que le Liban « n’avait rien à voir » avec la guerre entre les États-Unis et l’Iran, qualifiant la position de Ghalibaf de « malentendu raisonnable ».

« Il a dit qu’il y a trois points de désaccord. Cela doit signifier qu’il y a en fait beaucoup de points d’accord », a déclaré Vance sur le tarmac à Budapest, en route vers Islamabad. « Aucun cessez-le-feu ne se passe sans quelques turbulences. »

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

En effet. Israël, les Émirats arabes unis et le Koweït ont tous signalé avoir été ciblés par des missiles ou des drones iraniens après le cessez-le-feu, et l’ambassade américaine à Bagdad a rapporté qu’un complexe diplomatique avait été attaqué par des drones lancés par des milices soutenues par l’Iran. L’Iran a affirmé avoir riposté après que les Émirats arabes unis avaient attaqué ses installations énergétiques.

« L’Iran se considère absolument en position de force », analyse Nicole Grajewski, professeure assistante au Centre de recherches internationales de Sciences Po à Paris et experte de la politique étrangère iranienne. « Ils sont prêts à tester le cessez-le-feu par l’action. »

Grajewski estime que les pourparlers se poursuivront malgré le différend public sur les détails du cessez-le-feu, affirmant que les Iraniens ont insisté pour négocier directement avec Vance — qui se serait opposé à la guerre dès le départ. Selon elle, le régime estimait qu’il se comporterait de manière plus raisonnable que nombre de ses homologues au sein de l’administration — notamment Steve Witkoff et Jared Kushner.

Une autre disposition clé du cessez-le-feu — et d’une importance capitale pour les États-Unis — concerne le statut du détroit d’Ormuz. Les navires espérant traverser le détroit — par lequel transitaient environ 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel avant la guerre — sont restés à l’ancre à travers le golfe Persique, par crainte d’attaques iraniennes par missiles, drones ou mines.

Là encore, la situation est compliquée par des interprétations radicalement différentes de ce qui a été convenu : Trump affirme que le détroit s’ouvrira immédiatement, tandis que l’Iran dit vouloir garder le contrôle du nombre — et de l’identité — des navires autorisés à transiter. Au moins deux navires ont réussi à traverser le détroit dans la foulée immédiate de l’annonce du cessez-le-feu, mais des responsables à Téhéran ont déclaré mercredi que la voie navigable resterait fermée tant qu’Israël attaquerait le Liban.

La marine iranienne a diffusé des messages sur un canal radio maritime ouvert mercredi : « Si un navire tente de transiter sans autorisation, il sera détruit. »

Mercredi, Leavitt a esquivé les questions directes sur les incohérences apparentes concernant le détroit et la poursuite des combats, déclarant que ce que l’Iran disait en public « n’est pas ce qui se disait en privé à huis clos ».

Iran-Trump : une guerre aux justifications mouvantes

Cela fait 40 jours que les États-Unis et Israël ont lancé leur assaut direct contre l’Iran, l’administration offrant des justifications erratiques et contradictoires pour la guerre (lire notre analyse) — et présentant une panoplie vertigineuse d’objectifs mouvants pour l’aventure militaire.

Seule une poignée de ces objectifs avait été atteinte lorsque le président a annoncé le cessez-le-feu mardi, à seulement 90 minutes d’une échéance de 20 heures (heure de l’Est) qu’il avait fixée pour mener de nouvelles attaques massives contre les infrastructures iraniennes.

« Toute une civilisation va mourir ce soir, pour ne jamais renaître », a écrit le président mardi matin sur les réseaux sociaux. Cette déclaration d’un homme bien connu pour sa cruauté hyperbolique (voir ses menaces du jour de Pâques) a indigné même certains de ses partisans, tandis que de nombreux détracteurs y ont vu une preuve évidente d’intention de commettre des crimes de guerre. De nombreux observateurs, en Iran et ailleurs, ont commencé à craindre que cette menace sans précédent ne signale la volonté du président d’utiliser des armes nucléaires dans le conflit — une accusation catégoriquement démentie par la Maison Blanche.

Dans ce contexte — et avec des preuves que des bombardiers américains étaient déjà en vol vers l’Iran — l’annonce d’une percée dans les négociations a été presque universellement saluée. Le conflit alarme les experts énergétiques et les économistes mondiaux qui mettent en garde contre des impacts de plus en plus graves tant qu’il perdure, et qui encourageaient la diplomatie à hauts risques accélérée avant l’échéance imposée par Trump, facilitée par le Pakistan. Vance aurait parlé directement avec Ghalibaf, le président du Parlement iranien, pour obtenir un accord.

Un accord aux contours flous

Mais les contours de cet accord restent mal définis. Certains médias citent des responsables de l’administration déclarant qu’ils acceptent en principe un plan en 10 points soumis par Téhéran comme base de négociations, mais Leavitt a catégoriquement démenti mercredi, affirmant que le plan avait été « littéralement jeté à la poubelle » par Trump.

En effet, le plan iranien comportait plusieurs exigences incompatibles avec les déclarations publiques de Trump sur ses objectifs de guerre, à commencer par le droit de la République islamique à enrichir l’uranium — une capacité essentielle pour la construction d’une arme nucléaire. Le plan affirme également que l’Iran doit conserver le contrôle du détroit d’Ormuz, que les États-Unis doivent garantir qu’ils n’attaqueront pas l’Iran et retireront leurs troupes de la région, et que Washington lèvera les sanctions et versera des réparations de guerre à Téhéran.

« Il n’y aura pas d’enrichissement d’uranium », a écrit Trump mercredi.

D’autres responsables de l’administration ont ignoré le fait que le cessez-le-feu n’était que le point de départ des pourparlers et ont passé la matinée à affirmer que les États-Unis avaient gagné la guerre. « L’Iran a supplié pour ce cessez-le-feu et nous le savons tous », a déclaré le secrétaire à la Défense Pete Hegseth lors d’une conférence de presse mercredi matin. « L’opération Epic Fury a été une victoire historique et écrasante sur le champ de bataille. Une victoire militaire avec un grand V. »

Guerre Iran-Trump : aucun vainqueur

De leur côté, divers comptes officiels et officieux iraniens sur les réseaux sociaux se sont vantés de ce qu’ils considèrent comme une défaite américaine. Certaines ambassades iraniennes ont partagé des vidéos générées par intelligence artificielle montrant Trump agitant un drapeau blanc et s’inclinant en signe de reddition — avant de supprimer ces publications.

Malgré les déclarations de victoire tonitruantes des deux côtés, il est difficile de prétendre qu’un quelconque combattant ait réellement bénéficié de cette guerre. Le régime islamique — connu sous le nom de « le Système » en persan — conserve le contrôle de l’Iran, mais ses dirigeants ont été décimés, son armée démantelée et son économie mise à genoux. L’armée iranienne a perdu son aviation et une grande partie de ses forces navales, et les militants des droits humains estiment qu’au moins 3 600 Iraniens ont été tués jusqu’à présent.

Pendant ce temps, les États-Unis ont déjà dépensé près de 50 milliards de dollars pour vaincre militairement un adversaire bien plus faible — sans parvenir à obtenir une victoire stratégique. Les effets de second ordre du conflit auront une longue traîne économique, bien au-delà de la hausse de 30 % des prix de l’essence que les Américains constatent déjà à la pompe.

Téhéran a prouvé sa capacité à absorber les coups de la nation la plus puissante du monde, tout en poussant l’économie mondiale au bord du désastre et en continuant à mener des frappes de drones et de missiles contre ses adversaires.

L’Iran transformé, mais pas renversé

Les États-Unis ont célébré l’élimination du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et de dizaines de hauts dirigeants militaires et du renseignement tués dans des frappes américaines et israéliennes — les analystes estimant que près de 50 % des dirigeants de premier et second rangs sont désormais morts. Mais quiconque espérait que la guerre entraînerait la chute immédiate du régime a été déçu. Si le paysage politique du pays a sans aucun doute été radicalement transformé, le Corps des Gardiens de la révolution islamique contrôle désormais fermement le pays.

La guerre a effectivement éventré l’économie iranienne déjà mal en point, détruisant une grande partie de sa base industrielle et tuant nombre des responsables chargés de gérer les bureaucraties, les entreprises publiques et d’autres institutions.

« Il y a eu un tel niveau d’attrition dans l’ensemble de l’État qu’il est difficile de trouver un point de comparaison », analyse Farzan Sabet, chercheur spécialisé sur le Moyen-Orient au Global Governance Center, qui tient le blog Iran Wonk. « Cela injecte beaucoup d’incertitude dans la société iranienne. »

À court terme, les survivants parmi les partisans de la ligne dure resserreront probablement leur emprise, tandis qu’à plus long terme, cela créera une plus grande instabilité, les vétérans idéologiquement engagés de la révolution de 1979 — ceux qui ont survécu aux frappes de décapitation américano-israéliennes — vieillissant et perdant le contact avec la réalité, selon Sabet.

Toutefois, la plupart des Iraniens auront des préoccupations plus immédiates si les bombes ont véritablement cessé de tomber, étant donné les dommages physiques considérables infligés aux industries du pays. « Ils n’ont plus d’emplois où retourner », souligne Sabet. Si la guerre reprend, un effondrement total de l’État et une guerre civile sont plus probables qu’un changement de régime sans douleur, note-t-il.

Israël face à un « désastre politique »

Pendant ce temps, en Israël, certains opposants sont furieux de la manière dont le premier ministre Benjamin Netanyahu a conduit la guerre. Ayant survendu la probabilité d’un changement de régime tout en convainquant les Américains de se joindre au conflit, le premier ministre s’est aliéné un allié clé. Ils craignent que Trump, déstabilisé par l’impact économique d’une guerre impopulaire en Amérique, ne se retire en laissant le travail inachevé.

« Netanyahu nous a conduits à un effondrement stratégique », a écrit le chef de l’opposition israélienne Yair Lapid. « Un succès militaire transformé en désastre politique. »

« Israël n’a eu aucune influence sur l’accord signé ce soir entre les États-Unis et l’Iran », a écrit Lapid. « Netanyahu a fait de nous un État client qui reçoit des instructions par téléphone sur des questions qui touchent au cœur de notre sécurité nationale. »

De son côté, Netanyahu se dit confiant qu’Israël « atteindra tous ses objectifs ». « Ce n’est pas la fin de la campagne », a-t-il déclaré.

Par Mac William Bishop

Traduit par la rédaction.


Source:

www.rollingstone.fr