À l’occasion du premier anniversaire de sa condamnation, les journalistes sans frontières (RSF) ont remis un appel renouvelé pour la publication immédiate de la journaliste chinoise Sophia Huang Xueqin. Huang, dont le travail a contribué à allumer le mouvement #MeToo de la Chine, a été condamné à cinq ans de prison pour incitation à la «subversion du pouvoir de l’État».
Le RSF a condamné le verdict comme arbitraire et politiquement motivé, déclarant que Huang avait déjà enduré plus de 500 jours de détention provisoire, en grande partie à l’isolement. RSF a souligné que son travail en tant que journaliste et défenseur ne constitue pas un crime et que son emprisonnement représente une attaque plus large sur la liberté de la presse et l’activisme féministe en Chine.
En 2018, Huang est devenu l’une des figures les plus anciennes et les plus vocales du mouvement #MeToo en Chine après avoir publié une enquête révélant la prévalence du harcèlement sexuel dans les salles de rédaction chinoises. Son rapport a attiré l’attention nationale et a aidé à permettre aux survivants de dénoncer les abus sur les campus universitaires et sur le lieu de travail. Malgré une surveillance croissante de l’État, elle a poursuivi son activisme, offrant un soutien aux victimes dans des cas d’inconduite très médiatisés et plaidant pour une égalité des sexes plus large.
En septembre 2021, Huang a été arrêté aux côtés du défenseur des droits du travail Wang Jianbing. Les deux ont été arrêtés quelques jours avant de quitter la Chine pour poursuivre des études supplémentaires à l’étranger. La peine de cinq ans de Huang a suivi un procès à huis clos où elle a été reconnue coupable de «subversion de l’État».
Les États-Unis ont dénoncé les condamnations de Huang et de Wang. Le Département d’État américain a décrit l’affaire comme faisant partie des efforts continus du gouvernement chinois pour intimider et faire taire la société civile. Les responsables ont exigé la libération immédiate des militants et ont averti que de telles poursuites menacent les droits fondamentaux de l’expression et de l’assemblage.
Le cas de Huang est largement considéré comme emblématique d’un schéma plus large en Chine, où les militants, les journalistes et les avocats sont de plus en plus poursuivis en vertu des lois sur la sécurité nationale conçues pour supprimer la dissidence. Entrant maintenant sa deuxième année derrière les barreaux, Huang est devenu un symbole mondial de résistance contre l’autoritarisme et la répression basée sur le genre. Ses partisans continuent d’appeler un plaidoyer international pour garder son cas sous les projecteurs.
