Annonce publicitairespot_img
AccueilSantéLes éthylotests sur smartphone aideraient à diminuer sa consommation d'alcool

Les éthylotests sur smartphone aideraient à diminuer sa consommation d'alcool

Selon une nouvelle analyse, l’utilisation d’un éthylotest (ou alcootest) connecté pourrait pousser à opérer des changements de consommation d’alcool.

Dans une nouvelle étude, parue dans l’American Journal of Psychiatry (Source 1), des chercheurs rapportent avoir observé que l’usage répété de ces appareils était associé à des changements dans les habitudes de consommation, mais aussi à plus de lucidité dans l’évaluation de son taux d’alcoolémie.

Une tendance à sous-estimer son taux d’alcoolémie

Les scientifiques se sont en effet basés sur les données de plus de 32 000 personnes, testant leur alcoolémie via un éthylotest portable et connecté, lequel leur demande d’auto-évaluer leur taux d’alcool dans le sang avant de donner le vrai résultat. En moyenne, les participants ont utilisé l’appareil 40 fois sur une période de sept mois.

« La plupart des gens ont tendance à sous-estimer leur taux d’alcoolémie », a déclaré Yang Lu, coauteur de l’étude. « Lorsque je parle avec des personnes qui ont des problèmes d’alcool, ils sont souvent surpris par leurs résultats. Ils ne se rendent pas compte de leur consommation par rapport aux autres, et leur perception de l’ivresse se trouve fortement faussée avec le temps », a ajouté le chercheur, dans un communiqué (Source 2).

L’étude a révélé que près de 70 % des participants ont sous-estimé leur taux d’alcoolémie lors de la première utilisation de l’éthylotest connecté. « C’est particulièrement inquiétant, surtout pour les gros consommateurs d’alcool, car ils ne se rendent pas compte que leur taux d’alcoolémie réel est en fait plus élevé », a averti Yang Lu, le scientifique estimant que « cela peut entraîner des décisions plus inappropriées au volant et une prise de risques accrue. »

Des changements à la baisse mais aussi à la hausse

L’utilisation accrue de l’éthylotest connecté a permis aux participants de mieux prédire leur taux d’alcoolémie, leur précision ayant augmenté de 2,38 % sur la durée moyenne d’utilisation de l’appareil durant l’étude. Ce qui suggère que l’éthylotest a amélioré leur perception de leur propre niveau d’intoxication, une prise de conscience jugée essentielle par les chercheurs pour faire de meilleurs choix en matière de consommation d’alcool.

L’étude indique aussi que les changements en matière de consommation d’alcool n’ont pas eu lieu qu’à la baisse : les participants ayant une consommation faible à modérée ont visiblement augmenté leur consommation, leur taux d’alcoolémie augmentant de 0,058 à 0,06 7 %.

Mais pour les chercheurs, l’essentiel est que les « gros buveurs » de l’étude aient réduit leur consommation d’alcool au fil du temps, et amélioré la précision de l’estimation de leur taux d’alcoolémie.

« Ces premiers résultats sont très prometteurs quant à l’utilité potentielle des éthylotests portables et autres outils de rétroaction objective pour la réduction des risques », a conclu Yang Lu, ajoutant continuer à étudier comment sont utilisés ces appareils de santé connectée, pour essayer d’en tirer des enseignements.

Des dispositifs onéreux

Notons que si les chercheurs évoquent dans leur étude des éthylotests portables à bas coût, il s’agit toutefois de modèles dont le prix peut dépasser les 90 €, voire davantage pour les modèles professionnels. Fiables, avec une précision de plus ou moins 5 %, ils sont à différencier des applications mobiles non reliées à un éthylotest, et bien moins fiables, qui promettent d’évaluer le taux d’alcoolémie après un simple questionnaire renseignant consommation approximative, poids, taille, âge, sexe etc. En France, il existe principalement deux éthylotests connectés : le modèle Alcopass C1, à 99,99€ euros, et le modèle SAM, à 49,99€. Là où le prix d’un éthylotest chimique jetable et à usage unique avoisine les 2€.

Rappelon enfin qu’être dans la limite autorisée ne présume pas d’être pleinement en capacités de conduire de façon sûre. Mieux vaut privilégier l’abstinence avant de conduire, ou rester quelques heures sur place, pour prendre le volant une fois le taux proche de zéro et une fois que l’on se sait en forme, reposé.


Source:

www.santemagazine.fr