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« Les décideurs de l’Union européenne n’ont pas su mettre en œuvre une sortie rapide des énergies fossiles »

Alors que la guerre en Iran continue à bouleverser l’économie mondiale, nous nous retrouvons, comme il y a quatre ans, otages de la volatilité des prix des énergies fossiles. Le choc énergétique prolongé, qui s’annonce sur les finances des ménages, obligera les gouvernements à réduire fortement leurs investissements stratégiques et ajoutera une pression supplémentaire sur la compétitivité des entreprises.

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La vulnérabilité énergétique de l’Union européenne (UE) n’est pas seulement due au contexte géopolitique. Du fait de son système politique byzantin et d’un « backlash » mené par les conservateurs et l’extrême droite contre le programme du pacte vert, les décideurs de l’UE n’ont pas su mettre en œuvre une sortie rapide des énergies fossiles. Aujourd’hui, les industries européennes regardent avec envie vers la Chine, qui n’a pas commis de telles erreurs. Pour se débarrasser des énergies importées de régions géopolitiquement instables, la Chine a déployé une politique industrielle transformatrice et traverse cette période de tensions énergétiques actuelle avec un moindre dommage. Comment l’échec européen est-il survenu et que faire pour y remédier ?

Une cause sous-estimée de la dépendance de l’UE aux énergies fossiles concerne la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE). Lors de sa révision de stratégie monétaire en 2021, un consensus se formait sur le fait que la sortie des énergies fossiles l’aidait à atteindre son objectif principal de stabilité des prix. Jusque-là, tous les épisodes inflationnistes dans la zone euro avaient été précipités par des chocs pétroliers, par exemple en 2007 et en 2011.

Un compromis édulcoré

En 2021, le conseil des gouverneurs devait se positionner sur l’opportunité de favoriser les activités économiques soutenables et de pénaliser les énergies fossiles par ses instruments de politique monétaire. La révision a finalement abouti à un compromis édulcoré, forgé entre les « faucons conservateurs », une minorité menée par le gouverneur belge Pierre Wunsch, et les « colombes écologistes » au sein du directoire de la BCE. Pierre Wunsch a souvent exprimé son scepticisme à l’égard des mesures de verdissement de l’économie. Il estime que ces mesures ont été trop ambitieuses et qu’il existe un biais dans les publications scientifiques qui, selon lui, exagèrent les conséquences négatives du changement climatique.

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Source:

www.lemonde.fr