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Les astronautes d’Artemis-2 observent directement la face cachée de la Lune

Les astronautes de la mission Artemis-2 de la NASA poursuivent, dimanche 5 avril, leur trajet vers la Lune – dont ils ont déjà parcouru les deux tiers.

« Nous avons pu voir pour la première fois la face cachée de la Lune et c’était tout simplement spectaculaire », a rapporté, à bord du vaisseau Orion lors d’une interview télévisée, l’Américaine Christina Koch. L’astre, dont ils sont désormais plus proches que de la Terre, leur est alors apparu « différent », a expliqué celle qui devient, à l’occasion de ce vol, la femme qui a voyagé le plus loin dans l’espace.

« Ce n’était pas la Lune à laquelle nous sommes habitués. Alors, nous avons sorti nos données de repérage lunaire, nous avons fait correspondre les images et nous nous sommes dit : “Voilà la face cachée. C’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant” », a-t-elle décrit.

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Les quatre astronautes – trois Américains et un Canadien – ont ainsi observé directement l’hémisphère de la Lune qui se situe en permanence du côté opposé à la Terre, ce qui n’avait jusqu’ici été accompli que par leurs prédécesseurs du programme Apollo, il y a plus de cinquante ans. A cette occasion, ils ont pu immortaliser « des reliefs lunaires que l’œil humain n’avait jamais vus jusqu’à hier », a ensuite souligné John Honeycutt, haut responsable de la NASA lors d’une conférence de presse. « Seules des images prises par des robots avaient montré cette région de la Lune », a-t-il expliqué.

Un avant-goût

Cette expérience unique est un avant-goût de ce qui attend l’équipage ces prochains jours. Après un décollage réussi de Floride mercredi, ce dernier a mis les gaz vers la Lune, située à environ 400 000 km de la Terre, soit 1 000 fois plus loin que la Station spatiale internationale (ISS).

« Ce matin, on voyait la Terre à moitié, on l’a ensuite vue en entier puis elle a disparu », tandis que « la Lune grandit, a décrit l’astronaute canadien Jeremy Hansen. « C’est exaltant », a-t-il confié. C’est notre destination. »

L’astronaute Christina Koch regarde la Terre par l’un des hublots principaux de la cabine du vaisseau Orion, alors que l’équipage de la NASA se dirige vers la Lune, le 2 avril 2024.

L’équipage ne se posera pas sur la Lune mais en fera le tour, en passant derrière sa face cachée avant de repartir vers la Terre, avec un retour prévu le 10 avril. Lors de ces plusieurs heures qui constitueront l’apogée de leur mission, l’équipage devrait réaliser de précieuses observations à l’œil nu.

Les astronautes ont été formés pendant plus de deux ans à étudier les formations géologiques et à les décrire, et leurs notes et photographies devraient permettre d’en apprendre plus sur la géologie et l’histoire de notre satellite naturel. Cette partie du voyage sera retransmise en direct à l’exception de quarante minutes au cours desquelles les communications seront coupées car le vaisseau sera derrière la Lune et ne pourra plus communiquer avec la Terre.

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Miracle technologique

Entre directs diffusés sur YouTube, photos prises à l’iPhone et interviews télévisées accordées de l’espace, la NASA cherche à embarquer le public dans cette nouvelle odyssée lunaire. Le monde a ainsi pu suivre à distance les problèmes de messageries électroniques et de toilettes rencontrés par les astronautes, tout comme leurs séances de sport, réveils en musique et repas partagés.

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Un miracle technologique qui émerveille même les astronautes, a déclaré le commandant Reid Wiseman, qui a pu parler, samedi, à ses filles qu’il élève seul depuis la mort de sa femme, en 2020. « On est là-haut, on est si loin et pourtant l’espace d’un instant j’ai retrouvé ma petite famille, et ç’a été le plus beau moment de toute ma vie », a-t-il confié avec émotion.

Cette photo prise par un membre de l’équipage d’Artemis-2 et fournie par la NASA montre l’intérieur du vaisseau Orion, le 3 avril 2026.

Lors de ce vol test, l’équipage a pour mission de s’assurer que tout est en ordre pour permettre un retour des Américains sur le sol lunaire dans les années prochaines afin d’y établir une base lunaire et de préparer de futures missions vers Mars.

La NASA ambitionne un alunissage en 2028, c’est-à-dire avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par leurs rivaux chinois pour marcher sur la Lune. Mais les experts s’attendent à de nouveaux reports, les alunisseurs développés par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos n’étant toujours pas prêts.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr