Récolter 5 milliards : QS (Québec solidaire) avance qu’une taxation accrue des « ultrariches » permettrait de dégager cette somme. L’étude citée par le parti sert de fondement à ce chiffrage, mais son auteur qualifie les données brutes employées de « partielles et morcelées », formule qui remet en question la solidité immédiate de l’estimation. Ce point de départ place le débat sur la fiabilité des sources au cœur de l’évaluation politique et budgétaire.
La qualification des données comme incomplètes signifie que plusieurs éléments méthodologiques pourraient manquer de précision : délimitations des assujettis, période observée ou traitement des revenus exceptionnels. Sans divulgation exhaustive des jeux de données et des hypothèses retenues, il est difficile de mesurer l’incidence de facteurs tels que l’évasion fiscale, la planification fiscale ou la mobilité des capitaux sur le rendement attendu d’une nouvelle taxe. Ces paramètres déterminent la matérialité d’une telle estimation et conditionnent sa reproductibilité par des tiers.
Sur le plan politique et administratif, un chiffrage contesté a des conséquences concrètes. Les projections de recettes alimentent les propositions de dépenses et les promesses électorales ; si elles reposent sur des données incomplètes, elles peuvent induire des ajustements ultérieurs du calendrier ou du périmètre des mesures fiscales. De plus, pour que les autorités publiques puissent intégrer une telle mesure dans un cadre légal et opérationnel, elles auront besoin d’une analyse approfondie, appuyée sur des jeux de données complets et validés indépendamment, afin d’estimer recettes nettes et coûts de mise en œuvre.
La controverse autour de l’étude souligne la nécessité d’une transparence méthodologique accrue et d’analyses complémentaires. Des travaux supplémentaires, reposant sur des données consolidées et des simulations variées, permettraient d’éclairer la faisabilité réelle d’une taxe ciblant les plus hauts revenus. Jusqu’à ce que ces éléments soient rendus publics et vérifiables, l’estimation des 5 milliards restera une hypothèse liée à la qualité et à l’exhaustivité des données utilisées.


