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Le rappeur Freeze Corleone condamné à la prison avec sursis pour apologie du terrorisme

Le rappeur Freeze Corleone a été condamné, lundi 27 avril, à Nice à quinze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour apologie du terrorisme dans une chanson suggérant une référence à l’attentat du 14 juillet 2016.

L’affaire porte sur la chanson Haaland, un duo avec le rappeur allemand Luciano, dans laquelle Freeze Corleone semble s’identifier à l’auteur de l’attentat qui avait fait 86 morts et des centaines de blessés sur la promenade des Anglais, à Nice. Même si le nom de la célèbre avenue n’est pas prononcé, il est suggéré par les rimes : « En défense j’suis Kalidou, t’es Lenglet/Burberry comme un grand-père anglais/J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à fond sur la… »

Dès le lendemain de la sortie du morceau, plusieurs élus niçois avaient fait part de leur indignation, et le fondateur de l’association de victimes Life for Nice, Jean-Claude Hubler, s’était dit « horrifié ». Plusieurs victimes entendues dans le cadre de l’enquête préliminaire ont depuis déposé plainte, a précisé le parquet.

« Dieudonné du rap français »

« L’art peut et doit nous bousculer », avait reconnu lors de l’audience en février le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, avant de qualifier Freeze Corleone de « Dieudonné du rap français » en raison d’« un fond idéologique nauséabond et une volonté de provocation dans une logique mercantile ». Il avait requis dix-huit mois de prison avec sursis.

Issa Lorenzo Diakhaté – le vrai nom du rappeur de 33 ans – n’a jamais réagi : il a choisi le silence pendant l’enquête et n’est venu ni au procès ni au délibéré. Son avocat, Adrien Chartron, a annoncé lundi qu’il ferait appel en dénonçant une décision « qui relève plus de l’autoritaire, du discrétionnaire que du droit », dans la mesure où la condamnation porte sur des mots qui n’ont pas été prononcés. Outre la prison avec sursis et l’amende, le rappeur a été condamné à verser 2 800 euros de dommages et intérêts à chacune des parties civiles et à une interdiction de venir dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans.

Figure marquante du rap français, Freeze Corleone avait déjà fait l’objet d’une enquête en 2020 pour « provocation à la haine raciale » à la suite de la diffusion de clips contenant notamment des paroles telles que « J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30 » ou « tous les jours RAF [rien à foutre] de la Shoah ». L’enquête avait été classée sans suite, mais il avait été lâché par son label Universal Music, qui avait dénoncé des « propos racistes inacceptables ».

Mais Internet reste un puissant vecteur d’influence et de revenus : l’album La Menace fantôme, d’où est tirée Haaland, a enregistré 5,2 millions d’écoutes sur Spotify dans les vingt-quatre heures suivant sa sortie, avait rappelé le procureur.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr