La semaine dernière, à l’International Asian Hemp Expo en Thaïlande, j’ai été témoin de l’énergie et du potentiel remarquables d’un pays qui s’est positionné avec audace à l’avant-garde de la réforme du cannabis en Asie. Les conversations que j’ai eues avec les opérateurs, les décideurs politiques et les parties prenantes internationales ont révélé une innovation et un esprit d’entreprise extraordinaires, tout en soulignant les opportunités de renforcer la position de la Thaïlande en tant que leader incontesté du cannabis dans la région.
La décision de la Thaïlande de retirer le cannabis de sa liste de substances contrôlées en 2022 a catalysé une croissance explosive de l’industrie et démontré l’appétit de réforme de l’Asie. Le marché florissant a créé des emplois, attiré des investissements et fait de la Thaïlande la plaque tournante du cannabis de la région. Cette démarche audacieuse a montré au monde ce qui est possible lorsque les gouvernements font confiance à l’innovation plutôt qu’à la prohibition.
Cependant, l’absence de réglementation globale a créé des défis. Les produits non réglementés et non testés sont largement disponibles, et l’absence de normes claires a créé un marché fragmenté qui fournit aux opposants des munitions pour renverser complètement la réforme. Jusqu’à ce que la Thaïlande mette en œuvre des cadres réglementaires solides pour son industrie nationale du cannabis, ces vulnérabilités persisteront.
En juin, le ministère de la Santé a tenté de répondre à ces préoccupations en publiant un arrêté établissant un cadre uniquement médical. Malgré cette directive, un marché dynamique pour les adultes continue de prospérer, créant un décalage entre la politique officielle et la réalité du marché. Cet écart représente à la fois un défi et une opportunité à l’approche des prochaines élections.
Des progrès apparaissent dans les secteurs de la fabrication et de la culture de produits médicaux, où les exigences GMP, GACP et Thai FDA sont mises en œuvre. Ces normes témoignent de l’engagement de la Thaïlande en faveur de la qualité et de la sécurité, fournissant une base sur laquelle une réglementation plus complète pourrait être construite. La question est maintenant de savoir si la Thaïlande saisira cette occasion pour créer un cadre réglementaire véritablement durable.
L’opportunité de la Thaïlande réside dans une réglementation globale qui équilibre innovation et responsabilité. Avec des règles claires créant un cadre médical accessible aux touristes, combinées à des zones de consommation sociale désignées et à des parcours de prescription touristiques, la Thaïlande pourrait être la première à faire du tourisme de santé lié au cannabis un moteur économique. Cette approche respecterait à la fois les participants et ceux qui choisissent de ne pas s’engager, tout en établissant un modèle reproductible pour la région.
Un tel cadre devrait également, à un moment donné, tenir compte des obligations conventionnelles internationales de la Thaïlande. Nous avons observé cette tendance à travers l’Europe, où le Luxembourg, Malte, l’Allemagne et la République tchèque ont pris des engagements ambitieux, mais ont ensuite renoncé à leurs engagements après avoir constaté que les trois traités internationaux sur les drogues entravent la commercialisation.
La Thaïlande a déjà fait preuve d’un leadership remarquable en libéralisant d’abord son marché. Elle est désormais en mesure de construire quelque chose de véritablement durable en réglementant de manière réfléchie. Le prochain chapitre déterminera si la Thaïlande devient un modèle de politique durable en matière de cannabis ou un exemple de réforme sans structure réglementaire. Le potentiel de la Thaïlande est extraordinaire : il ne reste plus qu’à terminer les fondations.
