Les gouvernements du monde entier ont approuvé un nouvel accord sur le climat lors du sommet COP30 à Belém, au Brésil, en adoptant ce que l’on appelle le paquet de Belém, un ensemble de décisions qui appellent à tripler le financement pour aider les pays vulnérables à s’adapter à l’intensification des impacts climatiques.
Organisée dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la plénière de clôture de la conférence a vu samedi près de 200 parties approuver un résultat politique qui élève l’adaptation et la résilience comme piliers fondamentaux du processus climatique de la COP30. Le paquet fait référence à l’objectif mondial d’adaptation et à un « programme d’action » élargi visant à accroître le financement de projets menés localement tels que l’agriculture résiliente et les solutions fondées sur la nature.
Mais les efforts visant à obtenir une feuille de route négociée pour abandonner les combustibles fossiles ont échoué après des jours d’impasse. Selon la présidence brésilienne, le texte de compromis final omet tout engagement explicite à « abandonner » ou à « éliminer progressivement » le charbon, le pétrole et le gaz, malgré la pression soutenue d’une large coalition d’États et de groupes de la société civile.
Ce résultat s’inscrit dans la continuité des luttes de longue date sur le langage fossile qui ont fait surface lors des précédents forums de l’ONU, y compris les pourparlers de Glasgow, où un projet de résolution de l’ONU exhortait les pays à éliminer progressivement les subventions au charbon et aux combustibles fossiles. À Belém, les principaux producteurs ont encore une fois résisté à une formulation contraignante, tandis que de nombreux pays en développement ont lié leur soutien à toute transition à des garanties en matière de financement et de capitaux propres.
Les défenseurs des droits de l’homme ont qualifié le compromis de non-respect des obligations internationales. À l’approche de la COP30, des experts de l’ONU ont déclaré à JURIST que l’action climatique doit intégrer une approche axée sur les droits de l’homme, avertissant que des objectifs d’atténuation faibles et des mesures d’adaptation sous-financées risquent de violer les droits des communautés confrontées aux vagues de chaleur, aux inondations et aux déplacements. Les petits États insulaires ont fait écho à ces préoccupations à Belém, arguant qu’un accord à forte composante financière sans voie de sortie des énergies fossiles mettrait en péril la limite de température de 1,5° Celsius de l’Accord de Paris.
Les militants, dont beaucoup s’étaient déjà mobilisés en dehors de Dubaï et de Bakou, ont évoqué des campagnes telles que les manifestations de la COP29 au cours desquelles les manifestants exigeaient une action climatique urgente et une élimination plus rapide des combustibles fossiles. À Belém, des groupes de jeunes et des dirigeants autochtones ont salué l’engagement de financement pour l’adaptation, mais ont décrit l’absence de feuille de route fossile comme un « manque de courage ».
Sur le plan juridique, le résultat de Belém ne modifie pas l’Accord de Paris, mais il guidera sa mise en œuvre en façonnant les attentes autour des plans climatiques nationaux, des stratégies d’adaptation et du financement international du climat. Le président brésilien a déclaré dans son discours d’ouverture aux délégués que la crédibilité de la COP30 dépendra en fin de compte de la capacité des partis à traduire les promesses de samedi, en matière d’argent, de résilience et de transition, en lois et budgets applicables une fois de retour chez eux.

