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L'accord controversé entre l'Union Européenne et le Mercosur entre partiellement en vigueur

Ce vendredi 1er mai marque l’entrée en vigueur du très contesté accord entre l’Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur, qui continue de diviser les opinions publiques en Europe. Il s’agit d’une application partielle, car le volet politique et de coopération du traité ne pourrait être appliqué qu’avec la ratification par les 27 États membres. En revanche, le volet libre-échange sera appliqué dès ce vendredi sans attendre ni le vote du Parlement européen ni l’avis de la Cour de justice.

Publié le : 01/05/2026 – 08:52Modifié le : 01/05/2026 – 08:53


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Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs. Les premières conséquences de son application sont immédiates, d’après Bruxelles. Dès ce vendredi 1er mai, les droits de douane sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l’Union européenne (UE) exporte vers l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, seront « supprimés ou considérablement réduits ». Une grande partie des députés européens reprochent à Ursula von der Leyen cette entrée en vigueur partielle de l’accord avec le Mercosur, qu’elle s’était engagée devant eux à ne pas déclencher.

Un argument climatique

La Commission est en capacité de le faire, puisqu’elle dispose de la compétence exclusive sur le commerce extérieur, mais selon le député européen centriste Pascal Canfin, elle est allée un peu trop vite en besogne et a pris une décision finalement très politique, sans avoir verrouillé tous les aspects juridiques. « Ça a été une grande victoire que d’intégrer l’obligation d’avoir dans les accords commerciaux que nous signons une clause qui dit que le respect de l’accord de Paris est une clause essentielle. Or, l’Argentine ne respecte pas le seul caractère obligatoire de l’Accord de Paris, à savoir le fait de mettre des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre des fameuses COP des Nations unies. Et donc, juridiquement, on peut penser que l’entrée en vigueur provisoire du Mercosur avec l’Argentine est en rupture des obligations juridiques de la Commission », précise l’eurodéputé au micro de notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

Cet argument climatique pourrait déboucher sur une remise en cause de l’application provisoire avant même l’avis de la Cour de justice de l’UE, qui n’est pas attendu avant l’an prochain.

Le texte de l’accord est très critiqué par les agriculteurs européens, et notamment les éleveurs français qui craignent la concurrence des céréales et surtout de la viande venues du Brésil ou d’Argentine, sans que ces pays ne soient soumis aux mêmes normes de production. Ils dénoncent une concurrence déloyale et un passage en force du texte.

On n’est pas en mesure, nous seuls sur nos exploitations, de gérer les prix fluctuants des marchés de tous nos intrants. (…) On va continuer à faire baisser le cheptel français. On va faire baisser le nombre d’agriculteurs en France. Économiquement, la crainte, elle est là.

Clémence Bernier, éleveuse bovine dans le département de l’Aveyron, dans le sud de la France

Cet accord commercial a fait l’objet d’innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990. Et pour cause : les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l’économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des États-Unis. Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

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Source:

www.rfi.fr