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La villa Cavrois, fabuleux « château » Art Déco de Mallet-Stevens, lance la restauration de ses 128 fenêtres

Après avoir mécéné la restauration de l’horloge monumentale du Panthéon et celle du cabinet d’angle du Roi à Versailles, Rolex permet au Centre des Monuments nationaux de lancer son chantier de remise en état des huisseries de la villa Cavrois de Croix.

Un chantier au long cours pour cet impressionnant château Art Déco imaginé entre 1929 et 1932 par Robert Mallet-Stevens pour un riche industriel textile du Nord. Transformée, vidée, abandonnée puis entièrement remise en état et remeublée, cette riche demeure a désormais besoin de reprendre les quelque 128 fenêtres et baies vitrées qui ont été jusqu’à maintenant conservées en état. Pour ce chantier de précision, il faut étudier chaque ouverture, démonter le système mécanique et le remettre en fonction. Un travail d’autant plus nécessaire que, depuis son remeublement, la villa Cavrois doit pouvoir conserver dans de bonnes conditions climatiques les œuvres de Mallet-Stevens spécialement conçues pour le lieu. Le lancement du chantier est prévu pour fin 2026 et la restauration aura lieu in situ.

Un chef d’œuvre moderniste

C’est à l’Exposition internationale de 1925 que Paul Cavrois voit le travail de l’architecte Robert Mallet-Stevens (ses arbres cubistes jouxtent alors le pavillon des tapis et étoffes d’ameublement de Roubaix-Tourcoing) et lui commande sa demeure de Croix. Assez vaste pour accueillir toute sa famille et plantée dans un parc aux allées obliques, la villa Cavrois se dresse comme un paquebot de briques jaunes, avec ses deux ailes équilibrées et un belvédère offrant une vue imprenable sur la campagne et les usines de Roubaix. Pour avoir été le scénographe du cinéaste Marcel L’Herbier (L’Inhumaine, 1924), Robert Mallet-Stevens théâtralise les accès vers la villa Cavrois, et réfléchit à la circulation autour et dans la maison elle-même.

Villa Cavrois Bassin de natation © Jean-Luc Paillé – CMN

Villa Cavrois Bassin de natation © Jean-Luc Paillé – CMN

Une œuvre d’art total

À la demande du commanditaire, Robert Mallet-Stevens imagine tout le mobilier de la villa Cavrois, contrairement à ce qu’il avait fait pour la vicomtesse de Noailles à Hyères avec des pièces de Pierre Chareau ou Djo-Bourgeois. Chaque espace a son atmosphère colorée et des meubles spécifiques. Le hall-salon, par exemple, est peint en vert tendre, le sol en marqueterie de bois de teck et le mobilier en noyer naturel tendu de tapisseries vert anglais. Dans la salle à manger, les murs sont recouverts de marbre vert de Suède aux motifs en miroir et les boiseries en poirier noir verni.

Salle à manger de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens ©Connaissance des Arts/Guy Boyer. Salle à manger de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Salle à manger de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Un immense chantier de restauration

À partir de 2001, la Direction régionale des Affaires culturelles des Hauts-de-France et le Centre des monuments nationaux, gestionnaire de la villa Cavrois depuis 2012, ont restauré le bâtiment laissé pendant de longues années à l’abandon. Le parti pris est de retrouver l’état des années 1920, de remeubler chaque pièce en retrouvant les originaux ou en refaisant les éléments disparus à partir de photographies anciennes. Une matériauthèque, installée au sous-sol, permet de comprendre les choix fixés par cette restauration à l’identique. Dans la salle de bains, par exemple, il a fallu retisser la moquette du sol et refaire le meuble en marbre qui occupe le centre de la pièce.

La salle de bains parentale de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer. La salle de bains parentale de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

La salle de bains parentale de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Des ouvertures sur la nature

Toutes les pièces de la villa Cavrois sont largement ouvertes vers l’extérieur par des baies vitrées. Par souci hygiéniste ou pour le simple plaisir de voir la nature, Robert Mallet-Stevens crée ici de longues ouvertures panoramiques, des fenêtres d’angle ou une immense baie carrée pour le salon surplombant le miroir d’eau. Dans la cuisine au mobilier tout blanc et au carrelage en damier noir et blanc, de larges fenêtres éclairent les plans de travail. On voit bien l’attention de l’architecte pour intégrer tous les éléments techniques. Seul un bouton de manœuvre métallique dans l’embrasement de la fenêtre rappelle la présence du volet roulant qui est, avec sa sangle, encastré dans le mur.

Cuisine de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer. Cuisine de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Cuisine de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Des baies uniques

Dans l’escalier principal de la villa Cavrois, on peut admirer à côté d’un cache-radiateur en aluminium la fenêtre arrondie qui permet à la lumière d’inonder les deux paliers intermédiaires. Mi-bois, mi-métal, cette huisserie arrondie nécessite une restauration de précision car certains carreaux s’ouvrent de manière séparée. Carine Guimbard, l’administratrice de la villa Cavrois, et Solène Blondet, architecte et urbaniste des Monuments historiques au CMN, ont mené des recherches précises pour comprendre chaque détail pour leur restauration à venir l’an prochain.

Palier intermédiaire de l’escalier principal de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.Palier intermédiaire de l’escalier principal de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Palier intermédiaire de l’escalier principal de la villa Cavrois (1932) de Robert Mallet-Stevens. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Le mécénat Rolex/CMN

« L’architecture de Mallet-Stevens étant une architecture de précision où la lumière constitue un matériau à part entière, il nous a semblé logique de soutenir le Centre des monuments nationaux sur la restauration des surfaces intérieures, des pendules et des huisseries », explique l’équipe chargée du mécénat de Rolex. Signe d’une modernité qui mesure le temps, vingt pendules électriques sont reliées à une pendule-mère à la villa Cavrois. Côté fenêtres, la restauration des ferronneries et des menuiseries métalliques devrait se faire in situ l’an prochain pour limiter l’impact sur les visites du monument. Le chantier pour réhabiliter la place de la lumière naturelle devait avoir lieu en 2028.

Villa Cavrois, rez-de-chaussée, salle à manger des enfants © Laurent Gueneau - Centre des monuments nationauxVilla Cavrois, rez-de-chaussée, salle à manger des enfants © Laurent Gueneau - Centre des monuments nationaux

Villa Cavrois, rez-de-chaussée, salle à manger des enfants © Centre des monuments nationaux / Laurent Gueneau

Villa Cavrois60, avenue John Fitzgerald Kennedy59170 Croix


Source:

www.connaissancedesarts.com