Théophile Humann-Guilleminot longe le grillage surmonté de barbelés, à la recherche du meilleur angle. Le représentant de l’ONG environnementale Clean Air Task Force déplie son trépied et y fixe sa caméra infrarouge. A l’image, aucun doute : un panache de fumée s’échappe de la vanne d’un gazoduc. Invisible à l’œil nu, la fuite apparaît nettement à l’écran.
Egalement muni de jumelles, le technicien formé à la thermographie – la détection par imagerie optique des gaz – continue de scruter le site industriel, un enclos d’une dizaine de volumineux tuyaux verts qui sortent du sol sur plusieurs mètres avant d’y replonger. Du ruban adhésif jaune a été posé sur certaines jonctions, mais il est percé à divers endroits. En une demi-heure, cinq fuites de méthane – molécule principale du gaz naturel et puissant gaz à effet de serre – sont repérées sur ce poste de sectionnement d’Urgosse (Gers), un site qui sert notamment à contrôler le flux de gaz en cas de maintenance ou d’arrêt d’urgence.
A quelques mètres, Anna-Lena Rebaud, 30 ans, consigne méthodiquement les équipements concernés. Puis la chargée de mission gaz aux Amis de la Terre appelle le numéro d’urgence de Téréga, l’exploitant du réseau de transport de gaz dans le Sud-Ouest.
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