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La mort de Dean Tavoularis, mythique décorateur d’Hollywood

Avec la mort de Dean Tavoularis, survenue le 23 avril à Paris, à l’âge de 93 ans, s’éteint l’un des derniers grands décorateurs de l’histoire du cinéma, décès d’autant plus marquant qu’avec lui semble disparaître un métier qu’il avait exercé avec un talent hors du commun. Si le nom de Dean Tavoularis reste connu des seuls spécialistes du cinéma, les différents mondes conçus par le décorateur américain ont marqué le grand public, qui l’a associé à un âge d’or du cinéma, advenu à la fin des années 1960 et qui s’est poursuivi jusqu’au début des années 1980. Dean Tavoularis a été le directeur artistique attitré de Francis Ford Coppola entre 1972 et 1996, du Parrain à Jack, en passant par Conversation secrète (1974), Apocalypse Now (1979) et Coup de cœur (1981). Il a aussi conçu les décors de Bonnie and Clyde (1967) et Little Big Man (1970), d’Arthur Penn, Zabriskie Point (1970), de Michelangelo Antonioni, La Neuvième Porte (1999) et Carnage (2011), de Roman Polanski, son dernier film.

La trajectoire de Dean Tavoularis se confond en partie avec celle d’Hollywood, aventure racontée dans un remarquable livre d’entretiens (Conversations avec Dean Tavoularis, de Jordan Mintzer, Synecdoche, 2022). Son père tenait une cafétéria à Los Angeles dont beaucoup d’employés du prestigieux studio Twentieth Century Fox étaient des habitués. Après des études d’art et d’architecture, il franchit patiemment les étapes de la méritocratie imposée par l’exigeant système des studios, fondé sur l’apprentissage et le compagnonnage. Il est embauché au milieu des années 1950 chez Disney, où il travaille sur La Belle et le Clochard et Mary Poppins, puis devient assistant décorateur sur Vingt mille lieues sous les mers, de Richard Fleischer, Devine qui vient dîner…, de Stanley Kramer, Daisy Clover, de Robert Mulligan, l’un des rares films hollywoodiens à mettre en scène la face sombre de la machine à rêves.

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Source:

www.lemonde.fr