La loi belge sur les ventes exclusives à la lumière de l’arrêt Tout Bien : qu’est-ce que cela signifie pour votre entreprise ? (Loi Monard)

Auteurs : Then The Jaer et Willem The Vost (Monard Law)

La récente décision du tribunal des affaires de Gand dans le litige opposant la marque de bière Tout Bien et le distributeur Alcobrands a beaucoup retenu l’attention des médias. Alcobrands a réclamé des dommages et intérêts de 360 ​​000 euros pour rupture présumée du contrat. Average Rob, personnalité médiatique et fondateur de Tout Bien, a qualifié la demande d’« absurde » et de « flexion musculaire d’un mastodonte ». Le juge a jugé qu’il n’existait pas d’accord de distribution exclusive et que le délai de préavis de trois mois avait été correctement respecté. Le résultat ? Tout Bien n’a rien à payer. C’est une pilule amère pour Alcobrands, mais pour de nombreuses entreprises, cela peut être un signal d’alarme : qu’en est-il exactement de la protection des distributeurs en Belgique ? La demande d’Alcobrands est-elle vraiment si absurde ?

1. Qu’est-ce que la loi belge sur les ventes exclusives ?

La Belgique dispose depuis 1961 d’une réglementation particulière pour les contrats de distribution : la Loi sur les ventes exclusives, désormais incluse dans les articles X.35 et suivants du Code de commerce. du Code de droit économique (WER). Cette loi est obligatoire et offre aux distributeurs belges une protection étendue lorsqu’ils mettent fin à leur collaboration avec un producteur ou un fournisseur.

La loi s’applique à :

Accords de distribution exclusifs ou quasi-exclusifs ; Accords de distribution comportant de lourdes obligations contractuelles pour le distributeur, telles que la gestion des stocks, la réalisation de publicités ou l’atteinte d’objectifs de vente. 2. Quelle protection offre la loi sur les ventes exclusives ?

En cas de résiliation unilatérale du fabricant ou du fournisseur (sauf faute lourde du distributeur), le distributeur peut réclamer :

Un délai de préavis raisonnable, qui selon la jurisprudence peut s’élever à 36 mois ; Une commission client, souvent calculée sur la base de 3 à 18 mois de marge brute ; Indemnisation du personnel qui doit être licencié en raison de la perte du contrat de distribution ; Compensation pour les investissements qui procurent des avantages au fournisseur ou au producteur après la résiliation (par exemple, récentes campagnes de marketing et de publicité). 3. Pourquoi cette protection existe-t-elle ?

Le législateur a introduit le Sole Sales Act en 1961 pour créer un équilibre économique entre producteur et distributeur. Le principe est qu’un distributeur doit souvent réaliser des investissements substantiels pour amener une marque sur le marché, tels que :

mise en place d’une organisation commerciale (personnel, logistique, gestion des stocks) ; mener des campagnes de marketing et de promotion; conclure des obligations contractuelles telles que des achats minimums ou une exclusivité.

Ces investissements sont réalisés dans l’intérêt du producteur, qui économise ainsi des coûts et peut vendre ses produits via un réseau local sans avoir à constituer lui-même une structure de distribution.

Si le distributeur ne bénéficie pas de protection juridique, le fabricant ou le fournisseur peut résilier le contrat de distribution avec un court préavis et le distributeur ne peut pas récupérer ses investissements et perd la survaleur accumulée sans aucune compensation.

4. Pourquoi l’arrêt Tout Bien est-il pertinent ?

Dans l’affaire Alcobrands/Tout Bien, le juge a reconnu l’existence d’un accord de distribution oral, mais n’a trouvé aucune preuve d’exclusivité. En conséquence, l’affaire ne relevait pas du champ d’application de la loi sur les ventes exclusives. Un préavis de 3 mois a donc été jugé suffisant.

Cela montre que la qualification de votre contrat est cruciale : un accord verbal ou un cadre contractuel flou peut avoir des conséquences majeures.

5. Qu’est-ce que cela signifie pour votre entreprise ?

Les fournisseurs et les fabricants doivent être vigilants lorsqu’ils contractent avec des distributeurs. Un accord de distribution exclusive peut vous obliger à de longs délais de préavis et à des frais élevés.

Les distributeurs doivent s’assurer que leur position contractuelle est claire au début de la collaboration. Ce n’est qu’alors qu’ils pourront compter sur la protection de la loi sur les ventes exclusives.

Bron : Loi Monard

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