La Cour suprême de Nouvelle-Zélande a rejeté lundi l’appel d’Uber dans l’affaire Rasier Operations contre E Tū Incorporated, estimant que les chauffeurs de covoiturage sont des employés et non des entrepreneurs indépendants. La décision accorde aux conducteurs l’accès aux protections du salaire minimum, aux congés payés et aux droits de négociation collective.
La Cour suprême a estimé que les chauffeurs de covoiturage doivent être considérés comme des employés en vertu de la loi sur les relations de travail de 2000, citant spécifiquement l’article 6 de la loi, qui exige que les tribunaux déterminent « la nature réelle de la relation » au-delà des étiquettes contractuelles. Suite à sa décision en 2005 dans l’affaire Bryson contre Three Foot Six Ltd, le tribunal a examiné les critères traditionnels de common law en matière d’emploi, notamment le contrôle, l’intégration et la question de savoir si les travailleurs exploitent des entreprises pour leur propre compte.
La décision de lundi a qualifié le langage contractuel d’Uber de « façade » destinée à dissimuler une relation de travail. Malgré les dispositions contractuelles qui décrivent expressément les chauffeurs comme des entrepreneurs indépendants, le tribunal a estimé qu’Uber fournit des services de transport de passagers et engage des chauffeurs pour les fournir dans un contexte d’emploi.
La décision s’est concentrée sur les nombreux mécanismes de contrôle utilisés par Uber, notamment le pouvoir disciplinaire unilatéral, la fixation algorithmique des tarifs, le suivi GPS et la surveillance des performances via des systèmes de notation. Le tribunal a noté que le système de notation d’Uber fonctionne effectivement comme un outil de gestion interne.
Le tribunal a rejeté la caractérisation d’Uber comme se contentant de faciliter les contrats conducteur-passager, estimant à la place que les passagers contractent avec Uber pour les services de transport, et non avec des chauffeurs individuels.
La décision marque le dernier développement d’une série de litiges remontant à 2022 et précise que les contrats qui ne définissent pas explicitement une relation de travail peuvent néanmoins constituer un contrat de travail lorsqu’ils tiennent compte d’un ensemble de circonstances.
Des litiges similaires se sont également produits à l’échelle internationale. En 2023, une cour d’appel américaine a jugé que les chauffeurs Uber étaient soumis à des clauses d’arbitrage dans leur contrat de travail. En 2020, La Cour supérieure de justice du Brésil a estimé que les chauffeurs Uber sont des entrepreneurs indépendants plutôt que des employés.

