L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
De simples femmes et hommes de la rue. La Corde au cou, le nouveau long-métrage de Gus Van Sant, s’ouvre par quelques mots de l’animateur radio Fred Temple (Colman Domingo) décrivant des « secrétaires pomponnées » et des « laveurs de carreaux lessivés ». C’est, dit-il, en cette matinée froide, alors qu’il observe ses contemporains qu’il tombe sur une carte représentant un joker.
Tony Kiritsis (Bill Skarsgard), le personnage principal du film qu’on aperçoit le plan suivant au volant de sa voiture, est un peu des deux. A la fois homme du peuple et antihéros obnubilé par la vengeance. C’est dans cet art ambivalent du glissement entre deux regards, l’un descriptif, l’autre légèrement oblique, tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur, que La Corde au cou parvient à trouver une forme ludique pour raconter un fait divers marquant survenu en février 1977.
Ce matin-là, Tony Kiritsis se rend dans les locaux de la Meridian Mortgage Company, une société d’emprunt qu’il soupçonne de l’avoir arnaqué. L’entreprise qui devait construire un centre commercial sur le terrain qu’il avait acheté en contractant un crédit hypothécaire a renoncé au projet. Le courtier a-t-il exercé des pressions afin de pousser Tony vers la banqueroute et de récupérer le bien ? C’est ce que pense l’homme couvert de dettes qui ne compte pas se laisser faire.
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