Depuis mardi 7 avril, agriculteurs et routiers irlandais mènent un vaste mouvement contre la flambée des prix de l’essence, causée par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran déclenchée le 28 février, en bloquant les routes, les dépôts de pétrole, et surtout la seule raffinerie d’Irlande, qui fournit près de 40 % du pétrole du pays. Or, l’Irlande est l’un des pays de l’Union européenne les plus dépendants des importations d’énergie. Au cinquième jour de mobilisation, 500 stations-service sont déjà à sec, soit près d’un tiers du réseau national. À Dublin, tracteurs et poids lourds paralysent aussi le centre-ville.
Publié le : 11/04/2026 – 17:55
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Avec notre correspondante à Dublin, Clémence Pénard
Eamon est cultivateur de blé. Son tracteur est l’un des premiers qui paralyse O’Connell Street, artère emblématique de Dublin. Ces dernières semaines, le prix du litre de diesel est passé de 1,70 à 2,17 euros. Pour lui, c’est la goutte de trop.
« Les agriculteurs ne peuvent plus survivre. Les routiers, les travailleurs, non plus », explique Eamon. « Les gens en ont assez et le peuple irlandais est avec nous, c’est une révolution ! Si ça coûte plus cher de produire la nourriture, de la récolter et de l’acheminer jusqu’aux gens – pareil pour les matériaux –, eh bien cela va être répercuté sur le consommateur ! Donc personne n’y échappera… », alerte-t-il.
« On ne bougera pas : soit le gouvernement agit, soit on va mourir ici d’épuisement »
Sans plafonnement des prix du carburant, ils resteront mobilisés « des semaines », prévient Simon, entrepreneur agricole. « C’est une période chargée de l’année : les cultures entrent en terre, donc on consomme énormément de diesel. On n’a pas le choix : il faut continuer, mais les trésoreries s’effondrent ! », martèle Simon. « On ne bougera pas : soit le gouvernement agit, soit on va mourir ici d’épuisement, hahah ! », prévient Simon.
Mais l’exécutif, lui, accuse les manifestants de « prendre le pays en otage ». L’armée a été déployée aujourd’hui pour déloger les tracteurs qui bloquaient la seule raffinerie d’Irlande.
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Source:
www.rfi.fr

