Plus de 400 personnes ont été interpellées à la suite des incendies de juillet 2026, un chiffre qui illustre la diversité des auteurs potentiels et l’incertitude entourant leurs motifs. Les forces de l’ordre ont indiqué parmi ces personnes la présence de mineurs (156 cas), mais la part réelle de ceux relevant d’un trouble pyromane reste indéterminée faute d’expertise psychiatrique. Les références culturelles et historiques — notamment les réflexions de Gaston Bachelard sur le feu — continuent d’alimenter le questionnement intellectuel, tandis que des auteurs contemporains, dont Thierry Toutin, publient des synthèses récentes sur le profilage des incendiaires.
Les données nationales offrent un contraste marqué entre l’ampleur des sinistres et le nombre de condamnations. On estime environ 300 000 incendies par an en France, dont près de 10 % pourraient être d’origine criminelle, soit l’ordre de 30 000 événements. En parallèle, les condamnations se situent autour de 900 à 1 000 par an. Plusieurs facteurs expliquent cet écart : un même auteur peut être responsable de multiples départs de feu, de nombreuses affaires restent non élucidées et le feu détruit souvent les preuves matérielles nécessaires à une attribution pénale.
La catégorisation des auteurs demeure incomplète : classifications anciennes (1947, 1979) distinguaient vengeance, intérêt, ludisme et profils pervers ; une proposition de mise à jour en 2025 regroupe désormais les auteurs en quatre groupes — conflictuels, économiques, idéologiques et pathologiques. Cette grille récente vise à mieux éclairer les mobiles (règlements de compte, fraudes à l’assurance, actes politiques, troubles du contrôle des impulsions) et à adapter enquêtes judiciaires et évaluations psychiatriques. La OMS classe la pyromanie parmi les troubles du contrôle des impulsions, ce qui a des conséquences pour la prise en charge médico-légale.
Sur le plan juridique, l’appréciation de la responsabilité dépend des facultés psychiques de l’auteur ; le Code pénal prévoit des aménagements selon l’altération du discernement. Pour les incendies de forêt, deux profils ressortent plus souvent : auteurs à caractère pyromane et individus négligents. L’absence de statistiques détaillées par profession — notamment sur les cas impliquant des sapeurs‑pompiers — met en lumière un besoin urgent d’enquêtes épidémiologiques, de ressources d’expertise psychiatrique et d’une meilleure harmonisation des classifications afin d’améliorer la prévention et la réponse judiciaire.


