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Environ 500 médecins scolaires pour près de 12 millions d’élèves. Ce chiffre, à lui seul, dit à quel point la santé scolaire représente l’angle mort de notre politique de santé. Pourtant, les multiples besoins sont connus : près de 15 % des collégiens et des lycéens présentent un risque important de dépression ; le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a triplé en dix-sept ans ; la myopie progresse fortement avec entre 20 % à 30 % des jeunes affectés…
Derrière ces chiffres, il y a des visages que nous, professionnels de santé, acteurs et actrices de l’éducation, de la protection de l’enfance, mouvements de jeunesse et fédération de parents, croisons chaque jour.
Ces réalités dessinent une tendance de fond qui appelle une réponse publique cohérente et durable. Il est temps que la France assume un véritable plan d’action national en faveur de la santé scolaire. Reconnaître que la santé mentale, la santé physique et la santé sociale ne sont pas des domaines indépendants mais trois dimensions d’une même vie n’est plus une option. C’est une nécessité.
Tout ne se joue pas uniquement dans les cabinets médicaux ou les hôpitaux. La prévention et la protection de la santé devraient être possibles dans un lieu où tous les jeunes se retrouvent, sans distinction de milieu social, de territoire ou de situation familiale : le système éducatif.
Bombe à retardement
Infirmières, assistantes de service social, psychologues et médecins de l’éducation nationale représentent les quatre piliers du système de santé scolaire. Pourtant, la médecine scolaire se raréfie dans l’indifférence générale. La coordination entre ces différents professionnels devient plus fragile. Les situations se complexifient, les réponses arrivent trop tard et les parcours des enfants s’en trouvent durablement affectés. Avec le risque d’effondrement d’un de ses piliers, c’est tout le système de santé scolaire qui se trouve menacé.
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Source:
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