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Grasset : Vincent Bolloré contre-attaque dans le « JDD » après le limogeage d’Olivier Nora et assure que « ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés »

Vincent Bolloré l’assure d’entrée, il n’a « aucune fonction chez Hachette ». Cela n’empêche pas le milliardaire breton, qui contrôle néanmoins le numéro un français de l’édition, de « résumer ce qu’[il] a appris » sur la crise en cours chez l’une des maisons du groupe, Grasset, dans un article publié le 19 avril par le Journal du dimanche, et d’y brosser un rapide tableau de l’avenir de l’éditeur. Ce texte, qui s’apparente à une tribune mais n’est pas présenté comme telle, revient sur les suites du limogeage d’Olivier Nora, à la tête de Grasset depuis vingt-six ans, et occupe une page entière du titre de presse, qui est également sous la houlette de M. Bolloré.

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Selon le milliardaire, le départ d’Olivier Nora relève d’une divergence de vues sur la date de parution du nouveau livre de Boualem Sansal : « Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l’année – ce qui était contraire à la volonté de la direction [d’]Hachette, qui est le réel propriétaire de Grasset. » « En entreprise comme en démocratie, la majorité décide in fine… », explique-t-il.

Vincent Bolloré évoque donc un « différend sur fond de performances économiques (… ) très décevantes de la maison Grasset » et épingle avec force détails la rémunération d’Olivier Nora, avant de dénoncer le « bruit médiatique extraordinaire » causé par « une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient, et qui, grâce à sa capacité de fracas médiatique, fait peur à beaucoup ».

« Chrétien démocrate »

« N’ayons pas peur !, assure-t-il enfin. Grasset continuera et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés, promus, reconnus et appréciés. » Celui qui se présente comme un « chrétien démocrate » jure que « les dirigeants de Hachette continueront à publier tous les auteurs qui le souhaitent ».

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Quelque 170 écrivains ont secoué le monde de l’édition avec leur décision inédite de refuser de publier de nouveaux livres chez Grasset pour dénoncer le limogeage d’Olivier Nora, annoncé le 14 avril. Dans leur lettre ouverte, ces auteurs ont dénoncé « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la prestigieuse maison. Ce licenciement a été imputé, par de nombreux auteurs, au milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Emmanuel Macron a appelé, vendredi 17 avril, à « exprimer » et « défendre » le « pluralisme éditorial » en France alors que plusieurs personnalités politiques, principalement à gauche, ont dénoncé le limogeage d’Olivier Nora.

Plus de 300 auteurs et acteurs du monde de l’édition, emmenés par Leïla Slimani, Virginie Despentes et Emmanuel Carrère, ont également appelé, dimanche, dans un texte publié par La Tribune Dimanche à la création d’une « clause de conscience » dans leur secteur.

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Le Monde


Source:

www.lemonde.fr