Le gouvernement a autorisé dans un décret publié ce dimanche 3 mai 2026 au Journal officiel le démantèlement complet par EDF de l’ancienne centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Et notamment de ses parties les plus sensibles comme les réacteurs, en fixant les modalités et le calendrier.
Publié le : 03/05/2026 – 11:50Modifié le : 03/05/2026 – 11:52
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Le décret gouvernemental en date du 1er mai 2026, signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le ministre de l’Économie Roland Lescure et la ministre déléguée en charge de l’Énergie Maud Bregeon, marque une étape décisive dans la reconversion du site de Fessenheim, fermé en 2020, après plusieurs années consacrées au retrait du combustible et aux opérations préparatoires.
Le document a pour but de « prescrire à la société Électricité de France les opérations de démantèlement, en définir les étapes et autoriser la création des équipements nécessaires au démantèlement ». Ainsi, dans l’article 4, il est précisé que « les opérations de démantèlement (…) concernent l’ensemble de l’installation » dont « l’îlot nucléaire » comprenant notamment « le bâtiment réacteur de la tranche 1 et le bâtiment réacteur de la tranche 2 ». L’îlot conventionnel, qui inclut notamment la station de pompage, les bâtiments d’entreposage des générateurs de vapeurs usés et des boues et les réservoirs de stockage des effluents, sera également démantelé.
Quatre étapes
L’opération doit se dérouler en quatre étapes, avec le démantèlement proprement dit puis l’assainissement des structures et des sols, la démolition « des bâtiments jusqu’à une profondeur d’au moins un mètre » et enfin la réhabilitation du site. Les rejets des effluents gazeux, liquides et radioactifs, notamment lors des « vidanges des piscines des bâtiments réacteur et des bâtiments combustible » feront « l’objet d’un contrôle », indique l’article 8.
« Les opérations de démantèlement (…) sont achevées au plus tard le 30 juin 2048 », est-il précisé. Ce décret intervient après un avis « favorable » de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) rendu le 29 janvier 2026 dont l’AFP a obtenu copie. EDF a pour projet de créer près du site de Fessenheim, en réutilisant des bâtiments annexes à la centrale, une usine de recyclage de métaux faiblement radioactifs dont l’ouverture est projetée pour 2031, ravivant des tensions et des inquiétudes dans la région.
Choc pétrolier et plan nucléaire
À la suite du choc pétrolier de 1973, la France décide de substituer massivement la production d’électricité nucléaire à celle des centrales thermiques classiques. Le plan du Premier ministre de l’époque, Pierre Messmer, prévoit la construction de treize réacteurs de 900 mégawatts (MW) en deux ans. Début février 1975, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le gouvernement lance pour les deux ans à venir un programme de même niveau. Puis, ce sont des tranches plus puissantes de 1 300 MW qui sont construites à partir de 1976. L’effort français se poursuit jusqu’à la fin du XXe siècle, date à laquelle les trois quarts de l’énergie électrique produite dans le pays est d’origine atomique. Au total, 58 réacteurs sont en service dans 19 centrales réparties dans tout le pays. La centrale de Fessenheim, située au bord du Grand canal d’Alsace, de type réacteur à eau pressurisée (PWR) du premier palier 900 MW est exploitée commercialement durant 42 ans, de 1978 à 2020.
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Source:
www.rfi.fr

