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Foyer présumé de hantavirus sur un navire de croisière : le Cap-Vert refuse le débarquement des passagers

Un navire de croisière, possible foyer de hantavirus, n’a pas été autorisé à accoster au port de la capitale cap-verdienne, Praia, et ses passagers ne pourront pas débarquer, afin de « protéger la population cap-verdienne », ont déclaré les autorités sanitaires du pays, lundi 4 mai.

« En coordination avec d’autres autorités également compétentes, l’autorisation d’accoster au port de Praia n’a pas été accordée au navire », a fait savoir la présidente de l’Institut national de santé publique (INSP), Maria da Luz Lima, dimanche dans la soirée, sur la radio publique Radio de Cabo Verde.

« L’équipe médicale s’est déjà rendue à bord, où elle a effectué l’évaluation des deux personnes infectées avec les équipements de protection individuelle adéquats », a également indiqué Mme Lima. Une seconde intervention sur le navire s’est déroulée « pour commencer le traitement de certains de ceux qui avaient besoin d’une prise en charge, disons, d’ordre clinique », a-t-elle précisé.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, dimanche, de trois morts liés à ce possible foyer d’infection à hantavirus, une maladie qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu, sur un navire de croisière dans l’Atlantique. Ce navire, le MV Hondius, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert.

L’épisode de hantavirus présente un « faible risque » de propagation, a estimé, lundi, le directeur régional de l’OMS Europe, Hans Kluge, à l’heure où les Pays-Bas cherchent à rapatrier deux malades. « Le risque pour l’ensemble du public demeure faible. Il n’y a aucune raison de céder à la panique ni d’imposer des restrictions de voyage », a jugé Hans Kluge, soulignant que les infections à hantavirus étaient rares, généralement liées à l’exposition à des rongeurs infectés et ne se transmettaient « pas facilement entre personnes ».

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L’évacuation médicale de plusieurs personnes du navire à l’étude

M. Kluge a souligné que l’OMS Europe collaborait avec les pays concernés afin de soutenir la prise en charge médicale, l’évacuation et les investigations. « Nous agissons avec urgence pour soutenir la réponse à l’épisode de hantavirus à bord d’un navire de croisière dans l’Atlantique à la suite de ces décès tragiques », a ajouté ce responsable sanitaire.

Dans son tout premier communiqué, le croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, spécialiste des expéditions polaires, avait confirmé faire face à « une situation médicale grave » à bord du Hondius, qui peut accueillir environ 170 passagers pour quelque 70 membres d’équipage. Il a ensuite confirmé trois décès, dont deux à bord et un après le débarquement.

Deux victimes sont un couple néerlandais, lui âgé de 70 ans, mort à bord du navire et dont le corps se trouve sur l’île de Sainte-Hélène, et son épouse de 69 ans, morte dans un hôpital sud-africain à Johannesburg. La nationalité de la troisième n’est pas connue, selon les médias néerlandais. Un autre passager se trouve en soins intensifs à Johannesburg et deux autres « ont besoin de soins médicaux urgents », a précise l’opérateur. D’après l’OMS, un patient britannique a été pris en charge en Afrique du Sud.

« Les autorités néerlandaises ont accepté de coordonner une opération conjointe visant à organiser le rapatriement des deux personnes présentant des symptômes à bord du MV Hondius, du Cap-Vert vers les Pays-Bas », a précisé Oceanwide Expeditions. Dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, le ministère des affaires étrangères néerlandais a confirmé qu’il « étudiait actuellement les possibilités d’évacuer médicalement quelques personnes du navire ». « Si cela s’avère possible, le ministère des affaires étrangères se chargera de la coordination », a affirmé un porte-parole.

« Cinq autres cas suspects »

Bien que des médecins du Cap-Vert se soient rendus à bord pour évaluer l’état de santé des deux passagers malades, aucune autorisation n’a été accordée pour les évacuer vers la terre ferme. « Le débarquement et le dépistage médical de tous les passagers nécessitent une coordination avec les autorités sanitaires locales, avec lesquelles nous sommes en étroite consultation », a affirmé l’opérateur.

Le hantavirus, une maladie généralement transmise à l’homme par les rongeurs, a été confirmé chez le passager actuellement en soins intensifs à Johannesburg, a-t-il précisé. Il n’est toutefois pas encore établi si le virus était à l’origine des trois décès, selon Oceanwide Expeditions. Et aucun cas de hantavirus n’a été confirmé chez les deux passagers présentant des symptômes requérant encore des soins à bord du navire. « La cause exacte et tout lien éventuel font l’objet d’une enquête », a déclaré l’entreprise.

L’OMS, dans ses premières communications, dimanche, avait indiqué qu’un cas d’infection par le hantavirus avait été confirmé et qu’il y avait « cinq autres cas suspects ». « Bien que rare, le hantavirus peut se transmettre d’une personne à l’autre et entraîner des maladies respiratoires graves. Il nécessite une surveillance attentive des patients, un soutien et une prise en charge appropriés », avait-elle précisé.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr