Arnaud Rousseau, gros cultivateur et industriel de l’agroalimentaire, a annoncé jeudi 16 avril sa réélection pour un nouveau mandat de trois ans à la tête de la FNSEA, le syndicat dominant le monde agricole en France. Sans surprise : le céréalier de 52 ans, également président du géant des huiles Avril, était seul candidat. Il a été élu par les membres du nouveau conseil d’administration, eux-mêmes élus lors du congrès du syndicat à Caen début avril.
Le secrétaire général du syndicat, Hervé Lapie, est lui aussi reconduit à son poste. Onze des 15 membres du bureau sortant de la direction du syndicat ont été reconduits. « Ce qui a prévalu, c’est l’esprit de responsabilité face à ce qu’il y a devant nous », a déclaré Arnaud Rousseau, évoquant l’ampleur des « combats à mener » face aux crises subies par les agriculteurs, des aléas climatiques à la flambée des coûts de production (carburant, engrais) liés à l’actuelle guerre au Moyen-Orient.
Avec Hervé Lapie, il a affirmé la volonté du syndicat de « remettre l’acte de production » au centre des débats au nom de « la souveraineté alimentaire », un an avant la présidentielle en France et alors que la future PAC (politique agricole commune) commence à se construire à Bruxelles.
La domination de la FNSEA contestée
Ces dernières années, la FNSEA a vu sa domination du monde agricole contestée, notamment au profit de la Coordination rurale, qui lui a ravi la présidence de quelques chambres d’agriculture et des adhérents séduits par le discours « dégagiste » et les actions coup de poing des bonnets jaunes de la CR.
En dépit de turbulences syndicales et d’une crise agricole presque continue depuis l’hiver 2023-24, Arnaud Rousseau s’est félicité de voir que la FNSEA restait « l’interlocuteur de référence des pouvoirs publics », lors du congrès de Caen. « Aux pouvoirs publics, nous voulons dire que la FNSEA est organisée, qu’elle continuera à proposer des solutions, à agir pour l’intérêt du monde agricole français et pour notre pays », a-t-il lancé jeudi, promettant aux agriculteurs de les défendre dans un « contexte géopolitique difficile ».
Sous son mandat, face aux crises et à la concurrence syndicale, la FNSEA a musclé son discours sur les « moyens de production », réclamant notamment la réintroduction de pesticides interdits, un stockage accru de l’eau et des facilités pour agrandir les élevages.
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