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Exposition « Splendeurs du baroque » à Paris : l’Ancien et le Nouveau monde racontent les merveilles du siècle d’or espagnol au musée Jacquemart-André

Velázquez, Greco, Murillo, Zurbarán, mais aussi de nombreux anonymes d’origine indigène… le Grand Siècle espagnol se décline des deux côté de l’Atlantique.

Profitant des travaux de l’Hispanic Society of America, un musée de l’Upper West Side de New York, le musée Jacquemart-André a fait venir à Paris quelques-uns de ses chefs d’œuvre baroques d’Espagne et d’Amérique latine. Aux côtés des toiles religieuses et des portraits de Greco, Velázquez et Murillo, les œuvres des peintres indigènes du Pérou ou du Mexique, ainsi que celles de leurs confrères venus d’Espagne et installés aux Amériques, retiennent l’attention par leur côté inédit de ce côté-ci de l’Atlantique. Avec leurs cadres dorés et leurs incrustations de nacre, elles rappellent les fastes de l’époque baroque. À découvrir jusqu’au 2 août 2026.

À la cour d’Espagne

Le parcours commence par une salle évoquant la cour d’Espagne avec une série de portraits austères de souverains. Cette galerie est dominée par une toile monumentale de Sebastián Muñoz, nommé peintre de cour sous Charles II. Elle représente la reine Marie-Louise d’Orléans sur son lit de mort. Pour rendre encore plus dramatique cette exposition du corps de la défunte, le peintre utilise un clair-obscur très marqué, ajoute de grands candélabres qui accentuent la perspective centrée sur la morte. Des putti pleurant et un crâne couronné complètent cette mise en scène baroque.

Vue de l’exposition « Splendeurs du baroque » au musée Jacquemart-André © Culturespaces © N. Héron

Vue de l’exposition « Splendeurs du baroque » au musée Jacquemart-André © Culturespaces © N. Héron

Quatre Greco plus un

Surprise dans la deuxième salle avec quatre tableaux de Greco de grande qualité. Aux figures émaciées de saint Luc, saint Jacques le Majeur et saint François répondent les corps entrelacés d’une pietà qui reprend la pose de la pietà Bandini de Michel-Ange. Des touches de couleurs vives animent ces scènes torturées. En complément, sur le mur d’en face, un visage barbu engoncé dans une collerette blanche rappelle le talent de portraitiste de Greco, formé au contact des icônes byzantines, puis des artistes de Venise et de Rome. N’oubliez pas également l’Ecce Homo dramatique de Luis de Morales.

À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

Portrait ou bodegón ?

Près du portrait de Donna Olimpia Maidalchini Pamphilj et de l’émouvant visage d’une jeune fille (qui fait l’affiche de l’exposition) se cache une intéressante scène de cuisine soulignant l’importance des bodegones, natures mortes de la peinture espagnole du Siècle d’or. Occupant la moitié de la toile (sans doute coupée), un pichet en étain et une miche de pain rivalisent de présence face à un profil féminin. Avec ses ombres marquées sur la nappe blanche, avec son fond sombre et ses couleurs chaudes, la scène intrigue, ne se laisse pas expliquer aisément. Que regarde aussi fixement cette servante ? Que va-t-il se passer ?

À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

À gauche : Greco, Saint Luc, v. 1590, présenté dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

Extase baroque

Depuis le concile de Trente en 1563, la lisibilité des images et la représentation du culte des saints sont des données fondamentale de la peinture baroque. Le Napolitain Luca Giordano (Naples est alors sous domination espagnole), digne successeur de Caravage et de Pietro da Cortona, se plie à cet exercice dans sa toile représentant sainte Marie-Madeleine montant au Ciel, les mains jointes en prière et les yeux tournés vers le haut. Dans son ascension, elle est accompagnée de chérubins ailés ou porteurs de brûle-parfum et de crâne, volant dans un ciel brun et doré. Auteur de plus de mille œuvres, Luca Giordano était surnommé « Luca fa presto » (« Luca fait vite »).

Vue de l’exposition « Splendeurs du baroque » au musée Jacquemart-André © Culturespaces © N. HéronVue de l’exposition « Splendeurs du baroque » au musée Jacquemart-André © Culturespaces © N. Héron

Vue de l’exposition « Splendeurs du baroque » au musée Jacquemart-André à Paris © Culturespaces © N. Héron

Porté en procession

L’apport le plus original de l’exposition du musée Jacquemart-André, montée par Guillaume Kientz et Pierre Curie, est la section consacrée à l’art baroque de l’Amérique latine. Pour les nouvelles églises et couvents construits au Pérou et au Mexique, de nombreuses œuvres ont dû être commandées à des artistes espagnols venus sur place, comme Alonso Vázquez et le frère Alonso López de Herrera, ou des artistes indigènes. Étendards de processions ou écussons de nones sont ornés de motifs inspirés des grands modèles européens. Ici, le cadre en fer forgé rappelle la forme des rosaires à six dizaines des carmélites.

À gauche : Peintre péruvien anonyme, <i>Nativité</i>, v. 1650, peinture processionnelle présentée dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.À gauche : Peintre péruvien anonyme, <i>Nativité</i>, v. 1650, peinture processionnelle présentée dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

À gauche : Peintre péruvien anonyme, Nativité, v. 1650, peinture processionnelle présentée dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

L’École de Cuzco

Sous l’appellation « École de Cuzco » sont réunis différents artistes travaillant dans la vice-royauté du Pérou mais aussi en Bolivie et en Équateur. Les œuvres produites ont pour but l’enseignement de la foi catholique aux Incas. Pour enrichir les scènes représentées, les peintres ont introduit de la nacre dans les cadres de ces enconchados. « À la frontière entre peintures et objets d’art, ces œuvres témoignent du caractère hybride profondément original des arts des Amériques espagnoles », rappellent les deux commissaires de l’exposition.

À gauche : Peintre péruvien anonyme, <i>Nativité</i>, v. 1650, peinture processionnelle présentée dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.À gauche : Peintre péruvien anonyme, <i>Nativité</i>, v. 1650, peinture processionnelle présentée dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer.

À gauche : Peintre péruvien anonyme, Nativité, v. 1650, peinture processionnelle présentée dans l’exposition « Splendeurs du baroque », musée Jacquemart-André, Paris, 2026. ©Connaissance/Guy Boyer

« Splendeurs du baroque. Peintures de l’ Hispanic Society of America »Musée Jacquemart-André, 158 boulevard Haussmann, 75008 ParisDu 26 mars au 2 août 2026


Source:

www.connaissancedesarts.com