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En Roumanie, des fêtes de Pâques qui virent “à la course aux promotions”

Tout Roumain qui se respecte sait que Pâques est indissociable d’un déjeuner traditionnel, avec du chou farci, des œufs colorés en rouge, du rôti d’agneau, une brioche aux noix, du vin et autres alcools. Un coût assumé pour une fête qui se célèbre de cette façon depuis des siècles, conformément aux coutumes de l’Église orthodoxe roumaine.

Cette dernière jouit d’un pouvoir si important en Roumanie que les journées officiellement fériées à cette occasion sont au nombre de deux, “soit le vendredi saint et le lundi de Pâques, qui fait suite au samedi et dimanche, [donnant ainsi lieu à] de petites vacances”, rappelle sur son site la chaîne d’information Digi 24.

Sauf que depuis le 28 février et le début de la guerre en Iran, Pâques est surtout synonyme de stress, un casse-tête qui implique des privations et des sacrifices, déplore le quotidien Adevarul : “Les Roumains restent à la maison (76 %) au lieu de partir en vacances à l’étranger et célèbrent le tout avec un budget resserré. Le déjeuner de Pâques sera plus cher que jamais, car les prix ont atteint des records, obligeant les Roumains à avoir recours à des stratégies de survie financière.” La poudre de cacao a vu son prix flamber de 46 %, le chocolat de 29 %, la brioche de 17 %. Toujours pour Adevarul, l’analyste Adrian Negrescu constate :

“Nous vivons une période de souffrances financières, la course aux promotions est désormais un sport national.”

Et ce alors que les spécialistes avertissent déjà que cette hausse engendrée par les conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient va continuer et que les prix vont rester élevés.

Des “fêtes discrètes”

Une situation tellement critique que, pour le webzine TVRInfo, “ce sera la pâque la plus chère qu’ait connue le pays depuis la pandémie de Covid-19, avec des ventes à la baisse. Au marché, la plupart des gens viennent, regardent et repartent, et le panier moyen pour le déjeuner traditionnel atteint les 500 lei [environ 100 euros].” N’oublions pas, signale TVRInfo, que l’augmentation des prix du carburant y est aussi pour quelque chose. Aujourd’hui, à Bucarest, le prix d’un litre de gazole est de presque 10 lei (2 euros), rapporte le quotidien Libertatea, alors que le salaire moyen est de 1 000 euros.

“Nous nous préparons à des fêtes discrètes, conclut le journal en ligne bucarestois Cotidianul. Les cordons des bourses sont serrés et les gens comptent chaque pièce. […] Des fêtes également sous tension, car ce stress financier affecte le sommeil et la tranquillité de la population. Quatre-vingt-cinq pour cent des Roumains disent mal dormir, et 75 % sont inquiets à cause de l’augmentation des prix des produits de première nécessité, et des dettes.”


Source:

www.courrierinternational.com