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« En débarquant Olivier Nora de Grasset, Vincent Bolloré n’a pas réussi à fracturer le camp des écrivains, par nature imprévisibles et solitaires »

S’il fallait un symbole à la guerre culturelle qui se joue en France depuis quelques années, nous l’avons. On veut parler de ce qui s’est passé après que l’emblématique PDG de Grasset a été brutalement débarqué, mardi 14 avril, par le groupe Bolloré. La façon dont 115 écrivains, en quelques heures à peine, ont claqué la porte de leur maison d’édition, réussissant à s’accorder autour d’un texte nerveux, alors qu’ils sont d’opinions différentes, voire se détestent, marque une date. On ne connaît pas de précédent. Rien d’équivalent, notamment dans un monde littéraire réputé lent, réfléchi et feutré.

Ce qui est inédit, aussi, dans ce séisme, c’est la revanche des auteurs. Qu’ils prennent la parole dans un débat aussi politique qu’esthétique, transforment une décision personnelle et intime – que faire de mon œuvre ? – en un acte collectif qui résonne dans le débat public.

Les écrivains, par nature imprévisibles et solitaires, viennent ici déranger un rapport de force inégal. Depuis 2023 et son achat d’Hachette Livre, troisième éditeur mondial, Vincent Bolloré peut virer et nommer qui il veut à la tête de Grasset, publier qui il veut, et même tuer cette maison. Il est chez lui. Comme il est chez lui chez Fayard, le modelant en éditeur très droitier. En face, sans titre de propriété, même pas sur leurs livres anciens ou en cours de publication, les auteurs de Grasset n’ont pour arme que leur notoriété et le choix de partir en laissant une maison vide.

Lire aussi l’analyse | Article réservé à nos abonnés Le limogeage d’Olivier Nora à la tête de Grasset confirme la reprise en main de l’édition par Vincent Bolloré

Face à une force économique, on ne peut jouer de la chaise vide que lorsqu’on se sait difficilement remplaçable en bloc. Nous avons un seul autre exemple, et encore : la fronde de centaines d’auteurs et autrices de bande dessinée, qui, en annonçant leur boycott du Festival d’Angoulême, pour protester contre la direction en place, ont précipité l’annulation de l’édition de janvier 2026.

« Le sentiment d’être volé »

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Source:

www.lemonde.fr