Le pape Léon XIV a dénoncé, samedi 18 avril, les « catastrophes sociales et environnementales » liées à une « logique d’exploitation » des richesses matérielles au premier jour de sa visite en Angola, pays d’Afrique australe où un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté (2,15 dollars par jour) malgré des décennies d’exploitation pétrolière.
« J’ai évoqué les richesses matérielles sur lesquelles des intérêts puissants mettent la main, y compris dans votre pays. Combien de souffrances, combien de morts, combien de catastrophes sociales et environnementales sont engendrées par cette logique d’exploitation ! », a-t-il lancé lors de son premier discours devant les autorités au palais présidentiel de Luanda.
« Nous voyons désormais, partout dans le monde, comment elle alimente un modèle de développement qui discrimine et exclut, mais qui prétend encore s’imposer comme le seul possible », a ajouté le souverain pontife.
« N’étouffez pas les visions des jeunes et les rêves des anciens »
Sur un ton direct, Léon XIV a également enjoint les autorités de ne pas « avoir peur de la dissidence », dans un pays à la population très jeune dominé par le même parti au pouvoir depuis l’indépendance, en 1975. « L’Angola peut grandir considérablement, si avant tout, vous, qui avez autorité dans le pays, croyez en la diversité de sa richesse », a-t-il dit. « N’ayez pas peur de la dissidence, n’étouffez pas les visions des jeunes et les rêves des anciens », a-t-il encore déclaré, en les invitant à « faire passer le bien commun avant celui de [leur] camp ».
Le pape est arrivé samedi après-midi en Angola, troisième étape de sa tournée marathon de onze jours en Afrique ; il s’est offert dès son arrivée un bain de foule en papamobile parmi les fidèles massés sur son parcours, dans la chaleur humide de la capitale.
S’exprimant en portugais devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique du pays lusophone, dont le président, Joao Lourenço, le chef de l’Eglise catholique a estimé que l’Angola « possède des trésors qui ne peuvent être ni vendus ni volés ».
« [Votre peuple] porte les cicatrices tant de l’exploitation matérielle que de la prétention d’imposer une idée aux autres », a-t-il insisté. « L’Afrique a un besoin urgent de surmonter les situations et les phénomènes de conflit et d’hostilité qui déchirent le tissu social et politique de tant de pays, alimentant la pauvreté et l’exclusion », a-t-il estimé.
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