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« Donald Trump rend un service involontaire, mais considérable, à la transition énergétique »

Donald Trump, chantre du monde fossile, pourfendeur de l’action climatique et de l’accord de Paris (2015), rend un service involontaire, mais considérable, à la transition énergétique. Moins par conviction que par inadvertance. Parce que sa « politique », depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, a méthodiquement transformé les marchés du pétrole et du gaz en terrain d’instabilité chronique ; et, ce faisant, jeté une lumière crue sur la protection offerte par les technologies décarbonées face à ce chaos.

Depuis le début de l’année 2025, les marchés pétrogaziers évoluent sous haute tension géopolitique. La réactivation des sanctions contre l’Iran, la pression sur le Venezuela, les injonctions répétées à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de produire davantage – tout en menaçant de représailles commerciales les pays qui ne s’y conformeraient pas –, les menaces douanières pour pousser plus de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe et, plus récemment, les tensions critiques résultant du conflit au Moyen-Orient : chaque mois délivre son lot de nouvelles perturbations, inédites voire incongrues.

A cela s’ajoute le paradoxe d’une administration qui cherche à faire baisser les prix domestiques à la pompe, tout en invitant à forer massivement – « Drill, baby, drill » (« il faut forer, forer ») – ce qui, à l’inverse, requiert des prix élevés pour motiver les investisseurs.

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Le résultat est une volatilité amplifiée sur les marchés de l’énergie. Ces derniers mois, le cours du brent a parfois encaissé des variations quotidiennes de plus de 10 % sous l’effet d’annonces chaotiques. Les marchés à terme du GNL ont connu des écarts de prix inédits entre plateformes européennes et américaines. Les acheteurs industriels, qui redoutent par-dessus tout l’imprévisibilité, voient la résurgence du spectre de 2022, dans le contexte de la guerre en Ukraine : l’impossibilité de planifier leur approvisionnement énergétique avec une visibilité à moyen terme.

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Source:

www.lemonde.fr