Du détroit d’Ormuz aux trottoirs et chaussées de nos quotidiens, il n’y a qu’un pas. Au point que cette scène où des ouvriers en pantalon bleu, gilet orange, casque blanc, qui déversent, mi-avril, dans l’indifférence matinale, leur brouette d’enrobé encore fumant sur une contre-allée de la place de la Nation, à Paris, pourrait devenir moins anodine qu’il n’y paraît si la guerre au Moyen-Orient devait encore durer.
Les aménagements de pistes cyclables, couloirs de bus, dessertes de lotissement et les réfections de nids-de-poule après l’hiver sont loin d’être étanches aux décisions tonitruantes et imprévisibles de Donald Trump. Le blocus des ports iraniens, l’une des dernières en date du président américain, n’échappant pas à la règle.
L’intrication entre géopolitique et chantiers urbains se mesure aussitôt franchi le portail d’une centrale d’enrobage, une de ces usines méconnues mais essentielles du monde du BTP. Dès l’aube, des camions s’approvisionnent en ce mélange de sable, de gravillons et de 5 % à 6 % de bitume, un des résidus de la distillation de pétrole, qui sert de liant et fait actuellement l’objet de toutes les attentions.
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