Une fois passés les deux bienveillants « Ted Hyber » (ours gonflables géants) de Fabrice Hyber qui ornent le parvis du Grand Palais, voici les 165 exposants qui ont envahi la nef et la mezzanine.
À l’image de la galerie Kaléïdoscope qui occupe le premier stand en face de l’entrée et expose les tenants de la Figuration narrative, la foire semble plus moderne que d’habitude et moins tournée vers la jeune création contemporaine. La couleur et la bonne humeur dominent. Amplifiées par le soleil du jour du vernissage qui donnait une ambiance festive et bonne enfant, en compagnie de très nombreux artistes et collectionneurs français. Plusieurs itinéraires sont suggérés aux visiteurs d’Art Paris : « Babel. Art et langage en France », proposé par Loïc Le Gall, le patron du centre d’art contemporain Passerelle à Brest, « La Réparation », monté par Alexia Fabre, l’ancienne directrice des Beaux-Arts de Paris, et « Promesses », les jeunes galeries ayant moins de 10 ans d’activité. Visite guidée.
En avant les modernes !
De Salvador Dali (galeria Marc Domènech) à Leonardo Cremonini (galerie Claude Bernard), les modernes sont très nombreux pour cette édition d’Art Paris. De nombreux stands du second marché apportent leurs lots de Hartung, Buffet et Dubuffet. Au rang des belles surprises, ne manquez pas le stand de la galerie Traits noirs & Co avec ses scènes de guerre surréalistes de Roberto Matta (1944) et sa Porte (1971) d’Agustín Cárdenas. Et, chez Najuma, une Effigie hiératique (1965) de Georges Noël rappelle combien il est urgent de montrer ces artistes oubliés par les musées.
Roberto Matta, Une lumière et une force, 1957, sur le stand de la galerie Traits noirs & Co, Art Paris 2026, Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.
Vive la Figuration narrative
Parmi les mouvements modernes qui remontent en flèche, la Figuration narrative est particulièrement présente sur Art Paris. Deux exemples. Sur le stand de la galerie Strouk, une immense scène panoramique de Jacques Monory aux dominantes bleues et roses répond à une acrylique de Bernard Rancillac sur le thème du jazz et montrant « Benny, Charlie and co ». Sur le stand de la galerie Kaleïdoscope, deux œuvres de Lucio Fanti soulignent la qualité de cet artiste italien de la Figuration narrative, amateur de scènes nocturnes.

Lucio Fanti, Très grand raisin, 2008, et Le Torero dans les fleurs, 2010, sur le stand de la galerie Kaleidoscope, Art Paris 2026, Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.
Des solo shows
Peu de galeries se sont essayées au solo show qui, en ces temps instables, est une partie de poker difficilement contrôlable. C’est pourquoi, aux côtés de dessins d’Egon Schiele, il est intéressant de souligner, sur le stand de la galerie viennoise Wienerroither & Kohlbacher, un ensemble d’œuvres de Franz West (1947-2012). Fauteuil, sculptures de métal aux soudures apparentes, dessins figuratifs montrent la diversité de la pratique de celui qui reçut le Lion d’or de la Biennale de Venise en 2011. Seules ses performances manquent à l’appel.

Franz West, S. T., de la série « Transfigured Past », détail, 2009, sur le stand de la galerie Wienerroihter & Kohlbacher, Art Paris 2026, Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.
Réflexion sur le sens
Pour le parcours « Art et Langage en France », arrêtons-nous un instant sur le stand de la galerie Claire Gastaud pour regarder le mur complet consacré aux écritures étirées de Tania Mouraud. Depuis la fin des années 1960, celle-ci s’intéresse à la perception des mots. Elle écrit des lettres monumentales que l’on a du mal à déchiffrer. « Ses œuvres rappellent que la langue n’est pas un simple véhicule de sens, mais une forme sensible, qui peut devenir un lieu de résistance, de densité et de réflexion », confirme Loïc Le Gall.

Tania Mouraud, The Architect, 2025, sur le stand de la galerie Claire Gastaud, Art Paris 2026, Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.
En route pour la réparation
Pour son parcours « Réparation », Alexia Fabre a choisi deux œuvres d’Alison Saar (galerie Lelong), de techniques différentes mais faisant référence toutes les deux à l’histoire des femmes noires, esclaves ou prisonnières. Si sa Vénus au coquillage est peinte à l’acrylique sur de la toile de jute, sa Crème de la Crème est en bois et métal gaufré. L’une fait référence à la mythologie antique, l’autre aux belles de l’Ancien Régime en crinoline, mais les modèles sont noirs et remplacent les femmes blanches de la tradition de la peinture.

Alison Saar, Rebirth of the Sable Venus et Crème de la crème, 2025, stand de la galerie Lelong, Art Paris 2026, Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.
Rebirth of the Sable Venus, d’Alison Saar
Alison Saar • Galerie Lelong
Des multiples accessibles
Plusieurs galeries proposent des œuvres accessibles sous des formes multiples. De la galerie Catherine Putman (Gérard Traquandi) à la galerie 8+4 de Bernard Chauveau (Claire Trotignon, Clément Bagot), ces gravures sont parfaites pour commencer une collection. Chez MEL Éditions, maison de Michel-Édouard Leclerc, le choix est vaste et permet de passer d’une abstraction d’Agnès Thurnauer à un Arbre rouge de Fabrice Hyber, d’une scène allégorique de Damien Deroubaix à un très beau profil sur fond bleu de Djamel Tatah. Le prix moyen tourne autour de 900 euros.

À gauche : Agnès Thurnauer, Painting, 2025, sur le stand de MEL Éditions, Art Paris 2026, Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.
Art ParisGrand Palais. 7 avenue Winston Churchill 75008 Parisdu 9 au 12 avril
Source:
www.connaissancedesarts.com

