Lors de la campagne, PSPP a présenté une proposition visant à soumettre une constitution provisoire à une phase de consultation avec les peuples autochtones, tout en excluant la possibilité pour ces derniers d’exercer un droit de veto sur le texte final. La décision a pris place dans un contexte politique déjà tendu au Québec, où la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation s’est immiscée dans les échanges publics.
Le projet tel que formulé par le parti prévoit, selon ses déclarations publiques, une série de consultations formelles destinées à recueillir les avis et les préoccupations des communautés autochtones. Le caractère «provisoire» de la constitution renvoie à une volonté d’encadrer le processus de révision constitutionnelle sans pour autant reconnaître un pouvoir de blocage institutionnel aux participants consultés. Sur le plan juridique et institutionnel, cette distinction entre consultation et droit de veto est au cœur des interrogations sur la portée réelle des garanties offertes aux peuples autochtones.
La présence de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation dans le débat électoral a mis en lumière la sensibilité particulière de ces questions. Cette journée commémorative, centrée sur la mémoire des victimes des pensionnats et la reconnaissance des préjudices subis, a conduit à une attention accrue sur la manière dont les gouvernements envisagent la reconnaissance et la participation des peuples autochtones aux décisions constitutionnelles. Le thème a ainsi été intégré aux thèmes de campagne, accentuant l’examen public des propositions partisanes liées aux droits et à la reconnaissance.
Sur le plan politique, la proposition du PSPP réactive des enjeux plus larges liés à la négociation et à la consultation institutionnelle. Le choix de privilégier la consultation sans octroyer de possibilité de veto soulève des questions sur l’efficacité des mécanismes envisagés pour assurer une véritable inclusion des voix autochtones dans un processus constitutionnel. Dans la suite de la campagne, la manière dont seront définies les modalités de consultation — leur portée, leur calendrier et leur traduction institutionnelle — restera un élément central pour apprécier la portée de l’initiative et son impact sur le débat public au Québec.


