Les maires de la métropole Aix-Marseille-Provence ont fait part, mardi 21 avril, de leurs vives inquiétudes face au déficit de 123 millions d’euros touchant l’institution publique, brandissant même la menace qu’ils ne voteront pas le budget 2026 si l’Etat n’intervient pas.
« Les maires menacent de ne pas voter le budget métropolitain » le 28 avril, pour « protester contre l’insoutenabilité » d’une baisse « continue » des dotations de l’Etat, qui « les place dans l’impossibilité d’équilibrer le budget », précise un communiqué de l’institution.
Une réunion avait été convoquée mardi « en urgence » pour permettre aux 92 édiles de discuter des finances de la métropole la plus étendue de France, avec 1,8 million d’habitants et 5 milliards d’euros de budget. Dans le communiqué publié à l’issue de cette réunion, les maires lancent « un appel solennel à l’Etat (…) pour l’avenir de la Métropole, de ses communes et de ses habitants ».
Un « plan d’économie d’urgence » mis en place
Ces difficultés interviennent alors que la métropole d’Aix-Marseille-Provence, longtemps siège d’une bataille féroce avec la mairie de Marseille, espérait se relancer à la faveur de l’élection d’un nouveau président de consensus, le maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard (Les Républicains).
Le nouvel exécutif désigné début avril alerte sur l’ampleur du trou budgétaire qui résulte d’une « baisse de dotation de l’Etat de 120 millions d’euros en deux ans » mais également des frais de fonctionnement liés à « l’augmentation de l’offre de transport », selon la métropole.
Marseille, qui souffre d’un grand retard d’infrastructures, est en effet engagée dans l’ambitieux plan Marseille en grand, lancé par le président Emmanuel Macron pour développer notamment écoles et transports dans la deuxième ville de France.
Aujourd’hui face à un « mur de financement », la métropole a élaboré un « plan d’économie d’urgence » portant sur un peu plus de 30 millions d’euros, notamment en diminuant les dépenses de communication ou en supprimant certains évènements. Pour trouver les sommes restantes, la collectivité demande à l’Etat « le déplafonnement du Versement Mobilité ». Pouvoir augmenter cette taxe payée par les entreprises serait « le seul levier permettant d’équilibrer le budget », affirme le communiqué.
Le risque d’une mise sous tutelle
D’autres pistes ont été débattues, sans accord de tous les maires à ce stade : augmentation des tarifs des transports, hausse de la fiscalité des particuliers et des entreprises, baisse des subventions aux associations.
Le non-vote du budget serait un « message à l’Etat » pour « le mettre face à ses responsabilités », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un participant à la réunion de mardi. Le « risque principal » serait « une mise sous tutelle » de la métropole par l’Etat, reconnaît ce participant.
Une hypothèse contre laquelle le maire de Marseille, Benoît Payan, avait mis en garde, prévenant la semaine dernière sur Franceinfo qu’une mise sous tutelle « entraînerait des séismes en cascade ».
Source:
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