La
disparition de Chantal Nobel a bouleversé toute une génération
de téléspectateurs. L’ancienne star de Châteauvallon est
morte à l’âge de 77 ans, comme l’a confirmé sa fille Anne-Charlotte
Julian à l’AFP. “Ma mère s’est éteinte paisiblement.
Elle est restée combative jusqu’au bout”,
a-t-elle déclaré. Une disparition qui ravive immédiatement le
souvenir du destin tragique de l’actrice, brisé en pleine gloire
après un terrible accident de voiture devenu l’un des plus grands
drames médiatiques des années 1980. À l’époque, Chantal Nobel est
partout. Avec son brushing impeccable, son élégance sophistiquée et
son regard magnétique, elle s’impose comme l’un des plus grands
visages du petit écran français.
Grâce à Châteauvallon, immense succès d’Antenne 2 suivi par près
de 14 millions de téléspectateurs, elle devient une véritable icône
populaire. Mais dans la nuit du 27 au 28 avril 1985, tout bascule.
Ce soir-là, l’actrice participe à l’émission Champs-Élysées de
Michel Drucker après une journée passée sur le circuit automobile
de Magny-Cours, sa grande passion. En coulisses, Sacha Distel
l’attend. Leur relation est encore tenue secrète, même si les
rumeurs circulent déjà dans le milieu. “Il était très
amoureux d’elle”, confiera plus tard Michel Drucker
dans Paris Match. “Il avait eu un vrai coup de foudre pour
Chantal, ils formaient un couple magnifique…”.
Chantal Nobel prise en photo à l’hôpital
Après minuit, les deux stars prennent la route à bord de la
Porsche 924 Carrera GT du chanteur. Direction la Nièvre. Mais vers
3h20 du matin, près de Tracy-sur-Loire, le véhicule quitte
brutalement la chaussée avant de s’écraser contre un
pylône. Les secours doivent découper le toit de la voiture
pour extraire les victimes.
Si Sacha Distel s’en sort avec quelques blessures légères,
l’état de Chantal Nobel est dramatique.
L’actrice sombre dans le coma pendant trois semaines.
Traumatisme crânien, fractures multiples, bassin et hanche brisés :
les médecins évoquent rapidement un handicap extrêmement lourd. Et
pendant qu’elle lutte pour survivre à l’hôpital de la
Pitié-Salpêtrière, une autre violence commence. Très vite, les
paparazzis se déchaînent autour de celle qui fascine alors toute la
France. La presse people veut des clichés à tout
prix. Les rumeurs autour de sa relation avec Sacha Distel
explosent. Mais l’épisode qui choque le plus reste celui des
photographies volées dans sa chambre d’hôpital. Selon plusieurs
récits de l’époque, trois étudiants déguisés en infirmiers seraient
parvenus à pénétrer dans l’établissement pour photographier
l’actrice affaiblie sur son lit médicalisé.
Des clichés condamnés
Quelques mois plus tard, le magazine VSD sera condamné
à verser 30.000 francs après avoir publié
des images de Chantal Nobel en fauteuil roulant. Des clichés
jugés profondément humiliants par ses proches. Alors que le public
découvre une femme diminuée physiquement, sa carrière, elle,
s’effondre brutalement. Châteauvallon est arrêté. Aucun producteur
n’ose désormais miser sur elle.
Les assurances refusent de couvrir ses tournages. Le cinéma et
la télévision tournent progressivement la page. Pendant plusieurs
années, l’actrice tente pourtant de croire à un retour.
“Je veux redevenir Chantal Nobel”,
lançait-elle encore à la fin des années 1980. “S’il y a un
metteur en scène qui me veut, eh bien, qu’il m’engage. Avec ma
canne !” Mais les propositions ne viendront jamais. Installée
à Ramatuelle avec son mari, le joaillier Jean-Louis Julian,
rencontré durant sa convalescence, Chantal Nobel choisira
finalement une vie loin des projecteurs. Très discrète jusqu’à la
fin de sa vie, elle confiait toutefois avoir fini par accepter ce
destin brisé : “Pendant longtemps, j’ai été en colère, mais
c’est fini.”
Source:
www.closermag.fr

