Le monde connaît actuellement une frénésie de construction de centres de données pour répondre aux besoins de l’intelligence artificielle. C’est le cas même en France, où ces installations sont encouragées pour assurer la souveraineté numérique. Toutefois, ce n’est pas sans conséquences.
Des études ont déjà montré que leur consommation énergétique colossale participe au réchauffement climatique, et qu’elles sont source de pollution.
Tags :
sante
Ces gigantesques installations qui poussent partout en France cachent un problème que personne ne veut regarder en face
Lire l’article
Une nouvelle étude, en prépublication sur arXiv, s’est intéressée à un autre aspect des centres de données : la dissipation de la chaleur. Jusqu’à 40 % de leur consommation énergétique est utilisée pour refroidir les serveurs. Parfois cette chaleur est réutilisée pour chauffer bâtiments et domiciles localement, mais très souvent, elle est simplement relâchée dans l’atmosphère ou dans des rivières ou des lacs. Cela a un effet microclimatique, créant des îlots de chaleur sur plusieurs kilomètres.

Augmentation de la température selon la distance d’un centre de données (minimale et maximale en orange, moyenne en rouge). © Andrea Marinoni et al.
340 millions de personnes impactées par la chaleur des centres de données
Ils se sont intéressés à plus de 8 400 « hyperscalers IA », des centres de données géants dédiés à l’IA, en dehors des zones urbaines denses. Selon leurs calculs, la mise en service d’une de ces installations augmente la température locale de 2 °C en moyenne, et dans certains cas cette hausse peut atteindre plus de 9 °C ! Et ce n’est pas un effet limité aux abords immédiats des bâtiments. La moitié de cet effet, soit en moyenne une hausse de 1 °C, était mesurable à 4,5 kilomètres de distance. Il faut s’éloigner de 10 kilomètres d’un de ces centres de données gigantesques pour ne plus ressentir d’effet d’îlot de chaleur.

Tags :
tech
Superordinateur « Alice Recoque » : pourquoi la France mise si gros sur cette machine hors-normes
Lire l’article
Toutefois, ce réchauffement n’est pas nécessairement dû aux serveurs. Selon Chris Preist, de l’université de Bristol au Royaume-Uni interrogé par New Scientist : « Il serait utile de mener des recherches complémentaires pour comprendre dans quelle mesure la chaleur provient du calcul informatique lui-même par rapport à la chaleur générée par le bâtiment en tant que tel. »
Il pourrait s’agir en partie d’un effet d’îlot de chaleur urbain, notamment lorsque les bâtiments sont réchauffés par le soleil. Dans tous les cas, les chercheurs estiment que plus de 340 millions de personnes vivent à moins de 10 kilomètres d’un centre de données, et seraient donc directement impactées par ces effets microclimatiques.
Source:
www.futura-sciences.com

