Près de 16 000 personnes développent chaque année un cancer du pancréas en France selon la FRM. Ce cancer, dont le taux de survie à cinq ans reste proche de 11 %, est aujourd’hui considéré comme l’un des plus difficiles à traiter. Une étude publiée le 25 mai 2026 dans Nature Cancer apporte toutefois une lueur d’espoir. Des chercheurs montrent qu’un analogue de la vitamine D pourrait aider la chimiothérapie à franchir la barrière qui protège les tumeurs et limite souvent l’efficacité des traitements.
Une forteresse qui protège les cellules cancéreuses
Le principal obstacle dans le cancer du pancréas n’est pas seulement la tumeur elle-même. Les cellules cancéreuses sont entourées d’une épaisse couche de tissu fibreux constituée notamment de fibroblastes. Cette véritable « forteresse biologique » freine la pénétration des médicaments et contribue à créer un environnement défavorable aux cellules immunitaires.
Depuis plusieurs années, des chercheurs de l’Institut Salk étudient le rôle du récepteur de la vitamine D dans ces fibroblastes. Leurs travaux ont montré qu’un analogue synthétique de la vitamine D, le paricalcitol, pouvait « reprogrammer » ces cellules et réduire leur activité protectrice autour de la tumeur.
« Cette étude propose une approche véritablement novatrice pour surmonter la résistance thérapeutique dans le cancer du pancréas, souligne Ronald Evans, biologiste moléculaire à l’Institut Salk. En utilisant des analogues de la vitamine D, nous pouvons permettre à d’autres thérapies d’agir efficacement. »
Dans une tumeur pancréatique métastatique, les cellules cancéreuses (en vert) sont entourées de fibroblastes activés (en gris) qui favorisent la résistance aux traitements et créent un microenvironnement immunosuppresseur (en rouge). © Salk Institute
Un essai clinique aux résultats encourageants
Pour tester cette hypothèse, des chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute ont mené un essai clinique auprès de 36 personnes atteintes d’un cancer du pancréas métastatique n’ayant jamais reçu de traitement. Les participants ont reçu une chimiothérapie standard, associée soit à un placebo, soit au paricalcitol sous forme orale ou intraveineuse. L’objectif principal était avant tout de vérifier la sécurité de cette combinaison thérapeutique.

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Les analyses des biopsies ont confirmé que le médicament réduisait l’activation des fibroblastes et favorisait l’infiltration de lymphocytes T, des cellules clés de la réponse immunitaire. Autrement dit, la barrière protectrice entourant la tumeur semblait devenir moins hermétique.
Même si l’étude n’était pas conçue pour démontrer un bénéfice clinique définitif, les chercheurs ont observé des signaux encourageants : 42 % des patients traités par paricalcitol ont présenté une réponse partielle au traitement, contre seulement 9 % dans le groupe placebo. De plus, cinq patients du groupe paricalcitol étaient toujours en rémission un an plus tard, contre aucun dans le groupe témoin.
Une nouvelle arme contre un cancer particulièrement agressif ?
Les chercheurs restent prudents. L’essai était de petite taille et devra être confirmé par des études plus larges. Mais les résultats ouvrent une nouvelle voie thérapeutique : au lieu d’attaquer directement les cellules cancéreuses, il pourrait être possible de fragiliser les défenses qui les protègent.
Autre découverte intéressante : les patients dont les tumeurs exprimaient fortement le récepteur de la vitamine D semblaient tirer le plus grand bénéfice du traitement. Ce marqueur pourrait, à terme, aider à identifier les personnes les plus susceptibles de répondre à cette stratégie.

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Ces résultats s’inscrivent dans une période de forte activité de la recherche sur le cancer du pancréas. Une autre étude récente portant sur l’elraglusib avait notamment montré qu’associé à la chimiothérapie, ce traitement expérimental pouvait doubler la proportion de patients encore en vie un an après le début de la prise en charge (44 % contre 22 %).
Pris isolément, chacun de ces résultats demande encore à être confirmé. Ensemble, ils témoignent toutefois d’une diversification des pistes explorées par les chercheurs pour améliorer la prise en charge de ce cancer particulièrement agressif.
Source:
www.futura-sciences.com


